RUE DE LA LICORNE. Maison du Sabot, 1487: maison ou boutique d’un sabotier, sinon d’un cordier, le sabot étant un outil de deux espèces, employé par ces deux métiers.

RUE DU HAUT-MOULIN. Maison du Pourcellet, 1375. N’est-ce pas un charcutier qui demeurait là?—Maison du Chapeau, 1364, ou du Chaperon, 1445. Est-ce un fabricant ou vendeur de coiffures de tête?—Maison du Grand Godet, 1364. Marchand de hanaps, de coupes, de verres à boire.—Maison du Paon blanc, 1391.

RUE DE GLATIGNY. Maison du Cercel, c’est-à-dire du Cerceau, en 1362. Cette maison était une taverne.

QUARTIER DU LOUVRE[53]. RUE DE BEAUVAIS. Maison du Gobelet d’argent. Peut-être un orfèvre?—Maison du Coq, 1519. Un poulailler?

RUE CHAMPFLEURY. Maison du Gros tournois, 1373. Un changeur ou un banquier?—Maison de la Pantoufle, 1582. Une boutique de pantouflier.—Maison du Patin, 1573. C’est, à coup sûr, un cordonnier pour dames.—Maison de l’Entonnoir, 1591. Un tonnelier? Cette maison changea trois fois d’enseigne, à la fin du XVIIᵉ siècle, pour se placer tour à tour sous la protection de la Ville de Mantes, de la Ville de Munster et de la Ville de Bruxelles.—Maison de l’Étrille, 1353. Était-ce une écurie ou un cabaret, qu’on appelait ainsi au figuré?—Maison des Deux Coignées, 1451. A coup sûr, c’est un charpentier.

RUE DU COQ. Maison de la Chausse, 1401. Un chaussetier, bonnetier.—Maison des Trois Poissons, 1489. Un pêcheur ou un poissonnier, marchand de marée.—Maison du Van, 1490. Un vannier, ouvrier en osier, sinon un vanneur ou bluteur de farine.

RUE FROMENTEAU. Maison de la Couronne, 1420. Les couronnes d’or étaient les armes parlantes des orfèvres.—Maison du Pan, sorte de filet de chasse, 1425. Fabrique de filets.—Maison de la Cuillère, 1524. Un potier d’étain, ne fabriquant que des cuillers. Mais, en 1571, ce fut la maison de la Cuiller de bois, quand le potier d’étain eut cédé la place à un boisselier, fabricant d’objets de ménage en bois.—Maison de la Teste de Bélier, 1574. Un abattoir, ou un échaudoir.—Maison du Fer à cheval, 1550. Maréchal ferrant.

RUE SAINT-HONORÉ. Maison du Cheval rouge, 1350. Sans doute une hôtellerie.—Maison du Papegaut ou Perroquet, 1426. Un oiselier, vendeur d’oiseaux rares?—Maison des Trois Serpettes, 1568. Un fabricant de coutellerie.—Maison du Bœuf, 1378. Un boucher.—Maison du Heaulme, 1378. Un heaumier, fabricant de casques et armures de tête.—Maison de la Huchette, 1432. Menuisier, fabricant de huches et de bahuts.—Maison de la Croix d’or, 1415. Orfèvre.—Maison de la Pelle, 1410. Fabricant d’outils de bois.—Maison de la Clef, 1411. Serrurier.—Maison du Plat ou du Pot d’étain, 1489. Potier d’étain.—Maison de la Crosse, 1489. Orfèvre.—Maison du Bœuf et du Mouton, 1413. Boucher.—Maison du Godet, 1413. Potier d’étain ou plombier, fabricant de gobelets.

Nous avons remarqué que, parmi les enseignes que nous laissons de côté, en recueillant les précédentes, quelques-unes portaient les noms de différentes villes de France et de l’étranger. Ces enseignes, ce nous semble, peuvent être attribuées à des marchands, qui avaient signalé ainsi, soit le lieu de leur naissance, soit leurs rapports commerciaux avec les villes qui figuraient sur ces enseignes. Voici donc, à titre de spécimens, quels sont les noms de ville qui avaient été mis sur des enseignes, dans ces anciennes rues de la Cité et du quartier du Louvre que nous venons de parcourir sous la direction du savant archéologue Adolphe Berty.

CITÉ. RUE DES MARMOUSETS. Maison de Jérusalem, 1508. Le propriétaire de cette maison était un marchand et bourgeois de Paris, nommé Jean Legras, qui avait fait le voyage de la terre sainte, peut-être pour son commerce, et qui, en 1557, fit une fondation de vingt livres de rente annuelle, à prendre sur sa maison, en faveur de la confrérie du Saint-Sépulcre, ayant son siège dans l’église du couvent des Cordeliers.