Quel doit être le parement des épousées? Les Fermiaux (agrafes) de la rue Quinquampoix, les diamants et les ceintures de la Couronne et de la Fleur de lys, du cimetière Saint-Jean. Les épousées auront, en outre, la Couronne, du carrefour de la Porte-de-Paris. Tous ceux qui viendront à la fête auront les Chappelets, de la porte Baudet, et les Gands, de la rue des Arsis. Les Ménestriers de la salle de danse qui est dans la rue de la Tonnellerie mèneront les épousées à l’église aux sons de leurs instruments. Les seigneurs de la noce seront le Chevalier au cygne, de la rue des Lavandières, Samson fortin (le fort), de la rue de la Harpe, et l’Image Saint-Georges, de la rue des Barres; les rois et les chevaliers logeront au Château de Pontoise, rue de la Cossonnerie; les reines et les dames, au Palais du Terme (des Thermes), rue de la Harpe.

Le mariage aura lieu au Moutier (église), rue de la Cossonnerie; puis, en la Chapelle du carrefour du Temple, rue des Gravilliers, devant l’Image Notre-Dame. Le Cardinal, de la Pierre-au-Lait, célèbrera le mariage; le Prêcheur, du chevet de l’église Saint-Jacques, chantera la messe; l’Ange, de devant l’église Saint-Gervais, et celui de la rue aux Fèvres, de devant l’église Saint-Innocent, tiendront les cierges. Avant la cérémonie religieuse, il faudra que les époux aillent faire leurs serments, en présence du Dieu d’amours, de devant le Palais, et en face d’un autre Dieu d’amours, de la Pierre-au-Lait: jurant que le mariage sera bon et valable, par la Fête-Dieu, du bout de la rue de la Grande-Truanderie; par le Petit-Saint-Antoine, des Halles, et par le Vaudeluque (fanfaron), de la rue des Lombards. Les Champions, de la Croix-Hémon, combattront contre tout homme qui dira le contraire.

Il faudrait maintenant choisir un homme sage, discret et clairvoyant, qui sache ordonner la dépense et tout le fait des noces. Ce sera l’Homme aux deux têtes, à la porte aux Peintres. On lui remettra donc l’argent, à savoir le Gros Tournois, de la cave de Pontis, et celui du Petit-Pont; et, pour savoir s’ils sont de poids, on les pèsera aux Balances, de la Croix-du-Tiroir. Puis, nous les mettrons en la Huchette, de la rue Saint-Martin, laquelle sera fermée avec la Clef, du cimetière Saint-Jean, et celle de la rue des Ecouffes. Ensuite, quand il s’agira de les prendre, pour faire les achats, on les mettra dans les Bourses, du Petit-Pont et dans celles de la porte Baudet, de la porte du Cloître-Notre-Dame et des Halles. Quand il s’agira de faire les Garnisons (provisions), on les prendra à la Grange du Petit-Pont; le blé sera criblé à la Cave et au Van, en la rue du Roi-de-Sicile, et, pour le porter au moulin, afin d’en faire le pain de la fête, nous le mettrons sur l’Ane rayé, en la Vannerie, ou sur celui de la Verrerie, pour l’aller moudre au Moulinet, en la Vannerie, ou aux autres Moulinets, devant Saint-Séverin et auprès de l’église Saint-Côme et Saint-Damien.

Quant au vin, il faut le chercher aux Bouteilles, devant le Palais, ou au Barillet, devant Sainte-Opportune. Au banquet, les rois et les reines boiront à la Coupe d’Or, de la Savonnerie, ou à la Coupe d’Argent, du marché Palu, et les autres convives boiront au Grand Godet, rue de la Lanterne, en la Cité; aux Gobelets, en Grève; au Voirre (verre), rue de Jouy. On cuira le pain, les tartes, pâtés et flans, au four Ganquelin, rue de l’Arbre-Sec.

Venons-en aux apprêts du banquet. On trouvera le Queux (cuisinier), au bout de la rue aux Anglais; le Chaudron, devant l’Hôtel-Dieu et à la Vieille-Monnaie; la Poële, au bout de la rue des Parcheminiers; le Pot de Cuivre, devant le parvis Notre-Dame; le Gril, rue de la Mortellerie, ou bien près de l’église Saint-Benoît, en la rue Saint-Jacques; le Jaunet (lard jaune), rue Saccalie; le Lard taillé, au carrefour Guillory; le Trépied, au carrefour du Temple; le Soufflet, à la bastille Saint-Denis, ou rue des Deux-Portes; le Mortier, rue Saint-Josse, ou rue Aubry-le-Boucher, et le Pestel (pilon), devant le Palais; le Verjus, à la Treille, rue de la Calandre; l’eau, pour faire le potage, à la Fontaine de Jouvence, et l’eau, pour laver la vaisselle, au Puits, lequel appartient à sœur Colette, qui fait si bien les bonnes saucisses, rue d’Arsis.

Or, comme il importe de faire compte des pots de cuivre et d’étain, on ira chercher les Tableaux en la rue Saint-Merry. Quant à la vaisselle d’étain, on prendra les Plats rue Tirechappe; les Quatre Ecuelles, en la rue des Prêcheurs; le Pot d’étain, à la porte aux Peintres, et à l’enseigne des Déchargeurs, rue Geoffroi-le-Sueur.

A présent, les viandes pour les rois et les reines, comme pour le commun. On prendra le Lièvre devant l’église du Saint-Sépulcre; le Veau, devant Saint-Merry; le Taureau, devant Saint-Bon; les Deux Moutons, rue de l’Hirondelle, derrière le collège d’Autun; le Chapon, devant Saint-Antoine; le Coq et la Géline (poule), rue des Lavandières; les Connins (lapins), rue de la Mortellerie, et rue de la Juiverie; les Coulons (pigeons), devant la Tête-Noire, Grande-Rue-Saint-Martin. Et, pour faire les entremets, on prendra le Paon à la pointe Sainte-Eustache; les Deux-Cygnes, rue de la Harpe; le Faisan, rue Tirechappe; les Perdrix, rue Hautefeuille, devant les Cordeliers; les Tourterelles, en la rue du Four.

Tous ceux qui serviront les rois et les reines seront vêtus de draps, qui se vendent aux Poulies, rue des Blancs-Manteaux, et ils trancheront avec des Couteaux, qui sont devant Sainte-Croix en la Cité. On mettra le relief du repas de noces aux Trois Corbillons, rue de la Tannerie, pour distribuer ce relief aux Quinze-Vingts, rue Maudetour.

On se pourvoira des meubles nécessaires pour la salle du banquet: la Table roulante, rue de la Saunerie; les Tréteaux, en la Grande-Rue-Saint-Jacques; la Chaire (siège), au Petit-Pont; le linge, au Fardel (fardeau), rue Saint-Denis; le Chandelier, rue Saint-André-des-Arts, afin d’y mettre les Chandelles de la rue Mauconseil.

Pour les convives qui ne mangent que du poisson, on aura les Deux Saumons, de la porte Montmartre; le Gournau (gournal, espèce de rouget), de la rue de la Saunerie; le Turbot, de la rue Saint-Julien-le-Pauvre; le Barbeau, de devant les Béguines, en la rue Geoffroy-l’Anier; la Raie, de la rue Geoffroy-Langevin; la Lamproie, sous les piliers des Halles, où l’on fabrique la cervoise (bière) pour ceux qui ne boivent pas de vin.