«A la Teste noire. Verdier et Dumazelle, marchands, rue des Bourdonnois, à la Teste noire, vendent toutes sortes d’étoffes de soye, de draps d’or et d’argent, des taffetas, popeline, moires, ras de Saint-Maur, grisettes, et généralement toute sorte de soyerie, en gros et en détail.»

Il y a, dans la collection alphabétique des Portraits, à la Bibliothèque nationale, une autre eau-forte, de format in-8º, sans date, mais signée par Ertinger, né à Colmar en 1640, ce qui nous permettrait de reporter cette pièce à l’année 1676 ou 1678; en voici la description:

«Au Buste de Monseigneur. A la rue Dauphine, vis-à-vis la rue d’Anjou, à Paris, M. Savin peint, à l’huile, à fresque, à détrempe et en miniature, des Tableaux d’Histoire sainte, grecque et latine, Métamorphoses, Portraits, etc.; dessine et peint Médailles, Devises, Emblèmes, Blason, Perspective, Architecture civile et militaire, décorations pour les Églises et les Spectacles, ornemens pour les Maisons religieuses et séculières, desseings pour les graveurs et pour ouvrages en broderie sur satin, moire et taffetas, rehaussés d’or et d’argent, etc. Il enseigne à dessiner et à peindre avec facilité, et a plus de 200 tableaux à vendre sur toute sorte de sujets et en miniature.»

La troisième enseigne-adresse connue est de la plus grande beauté et porte une date certaine; elle est de format in-folio, dessinée dans le goût de Lebrun et admirablement gravée par Antoine Dieu; si elle reproduit fidèlement l’enseigne de la boutique de ce peintre, elle nous donne une grande idée de ce que pouvaient être les enseignes à cette époque.

«Au Grand Monarque. Le sieur Dieu, Mᵉ peintre, à Paris, sur le Petit-Pont, proche la porte de l’Hostel-Dieu, fait et vend toutes sortes de tableaux, tant d’histoire que de dévotion et autres; tous les Portraits de la Cour, grands et petits, en bordures ovalles et quarrées; bordures tant dorées que d’autres façons, pieds de pendules, pieds de porcelaines, crucifix sur velours et autres ouvrages de sculpture et dorure, images de vélin, de cole de poisson et roche de toutes façons, et généralement toute sorte d’ouvrages de peinture, sculpture, dorure, et le tout à prix raisonnable et en tient magazin en gros et en détaille. 1698.—Ant. Dieu inv. et sculps.»

Cette adresse est surmontée du portrait de Louis XIV, en buste, couvert d’une armure, dans un cadre ovale, soutenu par deux Renommées; au-dessous, à droite, la France, sous les traits d’une nymphe couronnée de lauriers, tenant une pique à la main, foule aux pieds la Discorde vaincue.

Citons encore une gravure, de même format, plus naïve et moins finement exécutée, qui paraît être du même temps, mais qui n’a pas de date. Ce n’est plus un peintre, c’est un simple perruquier suisse:

«Aux Treize Cantons suisses. Le Petit Suisse, marchand perruquier, fait et vend toutes sortes de perruques et des plus à la mode, vend aussi toutes sortes de cheveux de France, d’Angleterre, de Hollande, Flandre, Allemagne et d’autres des plus beaux, en gros et en détail: demeurant à Paris, sur le quay de l’Orloge du Palais, entre les deux grosses tours. Ladame scul.»

Au-dessous de l’inscription de l’enseigne, dans un encadrement formé des armes des treize cantons, est représenté le portrait d’un personnage, en tête à perruque, posée sur un tapis fleurdelisé, avec cette légende: C. Patu, autrement renommé le Petit Suisse. Ce Patu, qui devait être fameux pour les perruques, comme les grands perruquiers Binet et Pascal, n’est pourtant pas nommé dans le Livre commode d’Abraham du Pradel (Nicolas de Blegny).