[42] Vertheidigung der Wilhelm Tell, Fluelen, 1824, in-8.
[43] Guillaume Tell et la Révolution de 1307, etc., Delft, 1828, in-8.
[44] Bull. de l'Alliance des Arts, t. III, p. 155.—La légende dont celle-ci n'est qu'une imitation transposée remontait à 965. On la trouve parmi les traditions populaires du Danemark recueillies par Saxo Grammaticus (Leipzig, 1771, p. 286). Haller, dans sa réfutation, Fables Danisch, s'appuyait surtout de cette similitude. (V. l'Artiste, juillet 1843.)—J'ajouterai que là-dessus les Suisses n'entendent pas raillerie. Il y a quelques années, dans une réunion de savants à Altorf, ville d'ailleurs assez mal choisie pour élever des doutes sur la réalité de Guillaume Tell, l'archiviste M. Schnelles, qui présidait, ayant contesté son existence, il y eut soulèvement de tous les savants du canton d'Uri, et presque émeute dans la ville, ce qui força M. Schnelles à décamper avec ses doutes. (V. le Moniteur du 20 sept. 1864.)—Selon M. Just Olivier, dans un article de la Revue des Deux-Mondes (15 mai 1844, p. 595), Nouvelles Recherches sur Guillaume Tell: «La légende, la poésie sont partout dans l'histoire de Tell: dans le premier mot qu'on dit de lui, dans le premier mot qu'il prononce, dans l'orage sur le lac, comme dans la terrible épreuve proposée à son adresse.»
L'histoire d'Angleterre m'aurait enfin fourni une très ample matière: par exemple, l'examen approfondi de la mort des enfants d'Édouard qui, selon Buck et Walpole[45], ne furent peut-être point assassinés par les ordres de Richard III; la mort aussi du duc de Clarence, qui, bien qu'on le répète depuis quatre siècles sur la foi de Commines et d'un quatrain menteur, ne fut pas noyé dans un tonneau de malvoisie[46]; le conte pittoresque de Cromwell se faisant ouvrir le cercueil de Charles Ier[47]; la question si souvent débattue de l'exhumation du cadavre du sombre Protecteur et des ouvrages infligés à ses restes par l'ordre de Charles II[48]. Quoi donc encore? L'anecdote funèbre de Young «dérobant une sépulture pour sa fille Narcissa aux catholiques de Montpellier,» mensonge mélancolique, dont la découverte de l'extrait de mort d'Élisabeth Lee (Narcissa) dans les archives de Lyon, où elle mourut réellement, démontra l'évidence[49]; enfin l'histoire si intéressante et faisant si bien tableau, mais, hélas! si peu vraie, de Milton dictant à ses filles son Paradis perdu. Pour celle-ci, elle n'est pas même possible, puisqu'en effet Milton, selon Samuel Johnson, n'avait jamais voulu que ses filles apprissent à écrire[50]!
[45] V. son livre, Essai hist. et crit. sur la vie de Richard III, traduit par M. Rey, Paris, 1819, in-8; Lettres inédites de madame du Deffand, 1859, in-8, t. I, p. 63, et une lettre de Voltaire à Walpole, à la suite du Voltaire à Ferney de M. Evar. Bavoux, 1860, in-8, p. 410.
[46] John Bayley, the Historie and Antiquities of the Tower of London.—Paulmy, Mél. d'une grande Bibliot. (Lecture des poètes françois), t. IV, p. 319.—Michelet, Hist. de France, t. VI, p. 453.—Rabelais, liv. IV, ch. XXXIII, ad fin., note de Le Duchat.—L'erreur, sur ce point, semble être venue de l'anecdote racontée par l'Anglais Fabyan, dont Commines, qui la répéta (liv. 1, ch. VII), comprit mal le sens. Selon M. James Gardnair, qui, en 1857, reprit ce passage de Fabyan pour le commenter, c'est ainsi qu'il faudrait le lire: «Le duc de Clarence fut mis à mort secrètement, et son corps, enfermé dans une tonne qui avait contenu du malvoisie, a été jeté dans la Tamise près de la Tour de Londres.» V. pour les preuves de cette opinion très plausible, le Mag. pitt. de 1867, p. 95.
[47] Par le procès-verbal de l'ouverture du cercueil de Charles Ier, qui ne fut retrouvé que sous George IV, il paraît évident qu'il n'avait jamais été ouvert auparavant. (Rev. britann., mars 1838, p. 179-181.)
[48] Gentlemen's Magazine, mai 1825, p. 350.—Henry Halford, Essays and Orations.
[49] M. Alfred de Terrebasse en a fait l'objet d'un intéressant article inséré dans la Revue de Paris (15 avril 1832, p. 176-180), et l'on trouve sur le même point, avec les mêmes conclusions négatives, une note de M. L. Benoît dans le Bulletin de la Société de l'Histoire du protestantisme français, nov.-déc. 1862, p. 463.—Lemontey, d'ordinaire si exact, avait autorisé et popularisé l'erreur. Hist. de la Régence, t. II, p. 150, note.