[441] Œuvres de Saint-Réal, Paris, 1745, in-8º, t. VI, p. 161-162.
[442] Coll. Petitot, 2e série, t. XLII, p. 425.
[443] Coll. Petitot, 2e série, t. XL, p. 11.
[444] Walckenaër, Mémoires sur la vie de Mme de Sévigné, t. II, p. 158.—Amédée Renée, les Nièces de Mazarin, 1856, in-8º, p. 268.—Biogr. univ., art. Marie Mancini.
«Il fallut enfin, dit donc Mme de Motteville, que le roi consentît à une séparation si rude et qu'il vît partir Mlle de Mancini pour aller à Brouage, qui fut le lieu choisi pour son exil. Ce ne fut pas sans répandre des larmes, aussi bien qu'elle; mais il ne se laissa pas aller aux paroles qu'elle ne put s'empêcher de lui dire, à ce qu'on prétend: Vous pleurez et vous êtes le maître!»
Voilà, encore une fois, le mot véritable, le seul que durent répéter les gens bien renseignés sur toute cette affaire[445]. Ce qui m'en assure, c'est que Racine, composant, par ordre, pour célébrer un autre désespoir d'amour de Louis XIV, la tragédie de Bérénice, et persuadé qu'il serait d'un bon courtisan et tout à fait à propos de lui rappeler en même temps la première de ses passions[446], trouva moyen de glisser dans sa pièce la fameuse phrase tout entière, presque textuellement, au risque de n'en faire qu'un très mauvais vers. C'est à la scène V de l'acte IV. Bérénice, qui parle à la fois pour Marie Mancini et Henriette d'Angleterre, dit à Louis XIV, c'est-à-dire à Titus:
Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez!
[445] Le comte de Caylus, dans ses Souvenirs, au chapitre: Anecdotes sur les amours de Louis XIV, ne le reproduit pas autrement (p. 326).
[446] Il paraît d'ailleurs que cette allusion entrait dans le programme qu'Henriette d'Angleterre avait donné à Racine en lui commandant sa tragédie. Les mécomptes de son amour pour le roi, dont elle avait dû se résigner à n'être que la belle-sœur, étaient l'objet caché de cette pièce, mais elle voulait que l'histoire de la passion de Louis XIV pour Marie Mancini en fût l'objet apparent. «Elle avait en vue, non seulement, dit Voltaire, la rupture du roi avec la connétable Colonna, mais le frein qu'elle-même avait mis à son propre penchant, de peur qu'il ne devînt dangereux.» (Siècle de Louis XIV, ch. XXV.)