«Dans l'ordonnance[232] qui accorde de nouveaux privilèges à la ville de Beauvais, qui institue une fête commémorative où les femmes auront le pas sur les hommes, il est fait mention de la vaillante bourgeoise. C'est assez pour que, aux yeux même d'un douteur comme moi, Jeanne Hachette soit une héroïne incontestable.»
[232] Ordonnances, t. XVII, p. 259. Il est parlé de Jeanne Hachette dans l'Histoire de Louis XI de P. Mathieu, 1610, in-fol., p. 207, et dans le Discours véritable du siège mis devant la ville de Beauvais, etc. (Cimber et Danjou, Archiv. curieuses, 1re série, t. I, p. 115.)
Aujourd'hui, après avoir lu un excellent travail de M. Tamisey de Larroque[233], et relu, sur son indication, un curieux article de M. Paulin Paris[234], je changerai de conclusion; je reviendrai, malgré moi, au doute que je voulais écarter, et je serai presque tenté de dire aussi affirmativement que M. Paris, à propos des dames de Beauvais: «Elles ont toutes été des Jeanne Hachette... à l'exception de Jeanne Hachette.»
[233] Revue des questions historiques, octobre-décembre 1866, p. 610-614.
[234] L'Assemblée nationale, 19 février 1850.
XX
«Rien de plus spontané et de plus authentique que ce mot de Louis XII: Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans. Philippe, comte de Bresse et ensuite duc de Savoie, mort en 1497, avait dit peu de temps avant lui: Il serait honteux au duc de venger les injures faites au comte. Cette pensée généreuse était dans le cœur de ces deux princes, et nous ne devons pas sans doute les regarder comme de froids imitateurs de l'empereur Adrien, qui, le jour où il parvint au pouvoir, rencontrant un ancien ennemi, et remarquant son embarras: «Tu es sauvé,» lui dit-il (evasisti)[235].»
[235] Le président Hénault, dans son Abrégé chronologique, à l'année 1498, avait déjà fait ce rapprochement.