[355] Bulletin de la Société de l'hist. du Protestantisme français, 1863, p. 19.
[356] Les gens d'Agen avaient pour la même raison répugné aux ordres du massacre. Les plus rigoureux contre les huguenots dans les temps ordinaires furent ceux qui se montrèrent les plus ardents à la désobéissance. (Scaligerana, p. 5, 96.)
[357] Ceci était écrit et sous presse lorsqu'un excellent article de M. Ph. Tamisey de Larroque, dans la Revue des Questions historiques, 1er janvier 1867, p. 292-296, est venu clore le débat et nous donner raison. M. de Larroque a découvert dans les manuscrits de la Bibliothèque Impériale, fs fr., nº 15555, p. 601, une lettre du vicomte d'Orthez au roi, en date du «dernier août 1572», par laquelle il lui promet «de fere vivre en tel poinct» ceux dont il est chargé, qu'aucun trouble ne puisse être à craindre; ce qui eut lieu. Il tint en brides catholiques et huguenots, et lutte et massacre furent ainsi empêchés. M. de Larroque pense avec assez de raison que de Niert, le maire, dut lui venir en aide pour cette tâche difficile, ce qui expliquerait le dire de son petit-fils, rapporté par Tallemant.
XXXI
On a prêté[358] à M. de Montmorin, que Charles IX aurait aussi sommé de sévir contre les huguenots de l'Auvergne, dont il était gouverneur, une réponse assez semblable à la prétendue lettre du vicomte d'Orthez. Elle n'a pas mieux tenu devant la critique. Dulaure, que l'on n'attendait guère en pareille affaire, puisqu'il s'agissait de mettre à néant un fait défavorable à l'un des rois qu'il a le plus maudits, en a impartialement et logiquement nié l'existence, dans un Mémoire lu à l'Institut en 1802[359].
[358] Voltaire, Essai sur les guerres civiles, édit. Beuchot, t. X, p. 365.
[359] V. Décade philosophique, t. XXXII, p. 188-189.
Le fait du discours qu'Hennuyer, évêque de Lisieux, adressa, dit-on, aux massacreurs pour arrêter leurs bras levés contre les huguenots, «ces brebis égarées», s'est réfuté de lui-même[360].