—Que voulez-vous dire? demanda l'Écossais en considérant d'un air effaré le bouleversement de ma physionomie.

—Je vais me faire comprendre: un jour vous m'avez défendu de paraître devant vos yeux la tête couverte; je vous obéis pour la dernière fois.

Et, en prononçant ces paroles, je lui jetai mon chapeau au visage.

Le lieutenant resta debout, pâle, stupéfait.

—Monsieur, repris-je en me dépouillant de mon habit, que je foulai aux pieds, je suis libre, vous n'êtes plus mon chef, et si je dois vous reconnaître une supériorité sur moi, il faut me la prouver avec votre épée.

Je fermai la porte en me plaçant entre la sortie et l'Écossais, et je lui dis insolemment:

—Allons, défendez-vous! M. de Ruyter et nos amis vont voir un beau jeu!

L'Écossais voulut tenter de franchir l'espace qui le séparait de la porte, en murmurant d'une voix plus effrayée que surprise:

—Que voulez-vous, Trelawnay? avez-vous bien toute votre raison?

Je bondis sur ce lâche, et, le saisissant par le collet, je le traînai au milieu de la salle.