Le vaisseau sortit doucement du port, «juste avec assez d'air, comme disaient les matelots, pour endormir les voiles.»

Au point du jour, le havre était encore visible, et nous aperçûmes le vieux dow qui se traînait paresseusement, comme une tortue, le long du rivage.

À midi, une brise s'éleva du sud-ouest, et au coucher du soleil nous étions à une telle distance de Bombay, que nos appréhensions d'être guettés dans nos mouvements furent complétement détruites. Nous avançâmes de quelques lieues vers la terre, nous carguâmes les voiles, et nous jetâmes l'ancre.

Armé d'un télescope, j'aperçus bientôt le dow, qui était semblable à une tache noire sur la mer bleue.

J'ordonnai au timonnier de larguer, et, chargés de voiles, nous rejoignîmes le dow à huit heures.

Je le hélai, et de Ruyter vint à notre bord.

De Ruyter se retira avec moi dans la cabine, et pendant que nous déjeunions, il me demanda mon opinion sur le grab.

—Il semble se mouvoir indépendamment du vent, lui répondis-je; hier, nous sommes passés devant un vaisseau de guerre comme devant un rocher.

—Il est d'allure légère, mon cher Trelawnay, et il n'y a pas un vaisseau qui puisse l'approcher. Pendant un orage, il tangue beaucoup, mais s'il n'est pas trop chargé, il est rapide, flottant, et tient bien le vent. En conséquence, ne l'accablez pas trop de voiles, ou il sera enseveli.