Les jeunes femmes à la bonté desquelles je devais la vie étaient les filles du roi.
À la nuit tombante, je fis comprendre à mes hôtesses que je désirais dormir. La jeune fille à laquelle j'adressai la demande d'un lit de repos disposa promptement dans un coin de la hutte un tapis de roseaux et de nattes, causa pendant quelques minutes avec ses sœurs, et, lorsqu'elles m'eurent conduit toutes les trois vers ma couche, je fus tout surpris de voir que l'aînée venait prendre place auprès de moi.»
—Ah! ah! m'écriai-je en riant; mais mon intempestive gaieté ne plut pas au Zaoo anglais, car il dit d'un ton froid:
—Monsieur, mon hôtesse accomplissait la loi de ses pères: la fille aînée d'une maison partage, si elle n'est pas mariée, la couche de l'étranger recueilli.
—Continuez, mon cher capitaine, je trouve cette habitude charmante, et mon hilarité n'exprime que ma joie; en vérité, je désire de tout mon cœur que cette admirable coutume devienne universelle.
«—Le lendemain, reprit le narrateur, cette jeune fille fut déclarée ma femme.»
—Diable! pensai-je, c'est autre chose, et je pris un air grave.
«—Quand le roi reparut dans ses domaines, accompagné de sa suite, il fut joyeusement surpris, et me traita en fils bien-aimé.
Je m'habituai peu à peu aux mœurs douces et naïves de ce peuple primitif. J'appris à parler la langue qui lui était familière, et je fus, en peu de temps, aussi aimé et aussi respecté que le roi lui-même.
Porté par mes goûts, dès ma plus tendre enfance, vers tout ce qui a rapport à la construction des navires, il me fut très-agréable d'utiliser mon savoir en le mettant au service du chef de ce petit État.