Au même instant un tigre monstrueux s'élança sur nous.

Nous fîmes feu tous ensemble, mais pendant les premières minutes qui suivirent cette terrible décharge, je ne pus en connaître le résultat, car, enragés de terreur, nos éléphants désertaient.

Mon mahout se jeta par terre et une branche d'arbre me fit tomber.

J'entendis un effroyable cri de guerre, et on fit une seconde fois un feu bien nourri.

L'éléphant de de Ruyter bondit en arrière et tomba dans un puits à moitié caché sous une couche d'herbe; l'intrépide chasseur se dégagea lestement, et nous laissâmes nos montures agir à leur guise.

—Il y a encore des tigres sous la voûte de ces ruines, me dit de Ruyter; forçons-les à sortir.

Nous réunîmes quelques-uns de nos hommes, et, d'un pas ferme, guidés par l'abominable odeur qu'exhalent ces bêtes fauves, nous gagnâmes le lieu de leur retraite. Bientôt des rugissements sonores et des grognements aigus nous donnèrent l'assurance d'un prochain succès.

—Attention! dit de Ruyter, l'antre renferme une tigresse avec ses petits; prenez garde à vous, mes garçons: ne tirez que sur elle, et tirez bas.

Un jeune tigre sortit le premier pour nous attaquer.

—La mère va sortir, me dit tout bas de Ruyter, ne tirez pas encore.