—Comment avez-vous appris, chère sœur, que je l'avais planté? je n'en ai parlé à personne.
Zéla rougit, et je lus dans ses yeux charmants, dans l'expression de ses traits, ce limpide miroir de l'âme, que je ne lui étais plus indifférent. Je pris la main de la jeune fille, et nous regagnâmes l'habitation le sourire aux lèvres et la joie dans le cœur.
LVIII
À la porte de la maison nous rencontrâmes de Ruyter, qui dit à Zéla:
—J'allais vous rendre une visite, chère lady, et vous demander une tasse de ce café exquis que fait si bien la vieille Kamalia.
—Venez, je vous en prie, capitaine, répondit en souriant la jeune fille; ma nourrice excelle, il est vrai, dans l'art de distiller les liqueurs; elle fait non-seulement de très-bon café, mais encore des sorbets délicieux, et son arekec est excellent; de plus, la science de Kamalia ne se borne point à cette seule connaissance; elle est très-savante, car elle sait lire dans les vieux livres de notre pays et dans un ciel plein d'étoiles.
—Son air antique me laisse croire, répondit de Ruyter, qu'elle a étudié dans des papyrus, et je ne serais pas étonné si elle pouvait découvrir le mystère des hiéroglyphes.
Nous nous rendîmes au zennanah, et quand la vieille gouvernante nous eut comptés sur ses quatre maigres doigts, elle alla remplir le rite sacré qui n'est jamais négligé dans l'Est, celui de présenter des rafraîchissements sans la cérémonie avare et sans cœur qui est usitée en Europe, cérémonie qui consiste à demander aux visiteurs s'ils veulent oui ou non prendre quelque chose, puis à les regarder d'un air féroce s'ils acceptent l'offre.
Je suivis Kamalia pour apprendre comment se fait le véritable café oriental.