—Avez-vous faim? nous demanda-t-il; si vous le voulez, je vais allumer du feu, afin de faire cuire deux de ces petits?

—Sur quel animal avez-vous tiré un coup de fusil, Louis?

—Ah! c'est vrai. J'ai tiré, et fort adroitement. Je l'avais tout à fait mis en oubli; mais, avant de vous montrer ma victime, laissez-moi attacher les jambes de ces belles petites créatures. Mon fusillé n'est pas encore mort.

Après avoir enchaîné ses jolis petits chéris, Louis nous montra un arbre sur une branche duquel était couché un énorme babouin.

Les entrailles de la pauvre bête sortaient de son corps au milieu d'un ruisseau de sang.

Quoique à l'agonie, il se collait à l'arbre avec ses pieds de derrière.

À notre approche, il nous fit la grimace et se mit à caqueter.

Louis rechargea son fusil, et, quand il dirigea le canon vers l'arbre, la pauvre bête parut désespérée; sa colère se changea en peur, elle nous jeta un regard pitoyable et fit un dernier effort pour fuir vers une branche moins à portée des coups de son ennemi. Ce mouvement fut fatal au babouin, car il tomba sans vie au pied de l'arbre.

Louis sauta sur le singe, le saisit promptement par la nuque et lui coupa la gorge.

Cette action ressemblait tellement à un homicide, que je frissonnai.