—Allons-nous-en, dis-je d'un ton impatienté; laissons-le, laissons-le!
—Pourquoi? demanda Louis; moi je veux l'emporter, la chair du singe est excellente: si vous ne savez pas cela, vous ne savez rien du tout.
—En vérité, s'écria Aston, cet homme est un cannibale, allons-nous-en.
Nous quittâmes Louis en lui promettant d'envoyer une litière et des domestiques pour enlever le sanglier.
LXIII
Notre première rencontre fut celle de Van Scolpvelt, qui, assis sous une haie de poiriers épineux, dévorait du regard et de la pensée les caractères d'un grand in-folio ouvert devant lui. De temps à autre il s'occupait attentivement à regarder, à l'aide d'un microscope, un objet d'abord invisible à nos yeux.
Van Scolpvelt ne fit pas le moins du monde attention à notre approche. Il continua à tenailler avec un petit couteau un malheureux hérisson.
—Regardez, dit-il à Aston d'un ton dur, regardez cet héroïque animal; je le perce de part en part, il est vivant, il a des muscles, des nerfs, et cependant il ne remue pas, il ne se plaint pas, il ne fait pas le moindre bruit, il ne trouble pas inutilement, sottement, le cours d'une savante expérience: que ce calme dévoué soit une leçon pour vous!
En entrant dans la maison, nous trouvâmes de Ruyter occupé à parcourir des journaux et à feuilleter des livres nouvellement arrivés.