Il y avait sur le pont cinq ou six tonneaux qui en contenaient.
Pendant que j'attendais qu'on eût achevé de préparer la chaloupe qui devait servir à transporter l'eau sur le schooner, le monstre hollandais me faisait les plus beaux sourires en m'engageant d'une voix de basse, mais qu'elle avait très-douce, à la suivre dans sa cabine. À cette prière était jointe celle de ne point la priver de son eau.
—Il fait diablement chaud, lui dis-je, et j'ai besoin de me rafraîchir.
—Passez-moi un seau, dis-je à un de mes hommes en saisissant un des tonneaux.
—Oh! celle-là n'est pas bonne à boire, me dit la huileuse Hollandaise; garçon, allez chercher de l'eau dans ma cabine. Ne prenez pas de celle-là, capitaine, je vais vous chercher du vin de Constantia, du Cap lui-même.
—Allons, allons, dis-je à un homme, ôtez le bondon de ce tonneau.
L'homme essayait de l'arracher avec son couteau, quand la mégère le supplia de tenter cet effort sur un autre.
—Je vous assure, capitaine, dit-elle, que l'eau renfermée dans ce baril est imbuvable.
—Pourquoi alors, vieille folle que vous êtes, ce tonneau est-il en perce? Il renferme peut-être du constantia, et je veux l'emporter sur mon vaisseau.
Fort intrigué par les obstacles que la dame voulait mettre à mon action, je saisis un levier de fer et j'arrachai le bondon, car je crus que le tonneau renfermait ou du skédam ou du vin. Le bondon enlevé, je mis un seau sous l'ouverture pendant que mon aide penchait le tonneau de côté.