L'eau jaillit de l'ouverture, et je me mis à rire de l'entêtement de la vieille décrépite, qui aussitôt jeta un cri perçant et aigu. À ce cri de rage je répondis par une exclamation de surprise, en voyant tomber dans le seau un magnifique collier de perles. La figure livide de la vieille femme devint plus rouge qu'une cornaline.
—Ôtez le fond et videz l'eau, criai-je; voilà une prise heureuse.
La vieille s'élança sur moi.
—Ne touchez pas à ces babioles, ou je vous coupe les mains; mettez-les toutes dans le seau.
Nous trouvâmes une grande quantité de bagues, de perles, de coraux et de cornalines.
Les bijoux étaient la spéculation particulière de la grosse Hollandaise, qui, pendant que nous poursuivions son vaisseau, les avait cachés si adroitement. Je ne savais quelles justes félicitations m'adresser à moi-même pour l'insistance que j'avais mise à vouloir boire un verre d'eau. Cette fantaisie nous livrait une moisson de perles.
Nous fîmes dans tout le vaisseau de minutieuses recherches; mais nous ne trouvâmes plus rien.
À force de prières, la vieille obtint la restitution d'une bague, qu'elle me jura être un bijou de famille. Je la passai en riant à son doigt court et épais.
—Ne vous chagrinez pas, ma belle amie, lui dis-je, car ceci est un contrat de mariage suivant les coutumes arabes; ainsi, vous êtes ma femme. La prochaine fois que nous nous rencontrerons, je consommerai le rite, mais jusque-là soignez votre douaire.
Je me rendis sur le grab pour y déposer le butin, car nous n'avions que peu d'arrimage à bord du schooner.