—Vous êtes don Martin Fonseca?

—Oui, répondit-il.

—Veuillez me suivre; don Rodrigues, mon maître, désire vous parler.

Le front du jeune officier rayonna d'espérance. Il suivit le page, et se trouva bientôt dans le cabinet du Séjan de l'Espagne.


II

Calderon vint au-devant de Fonseca, et le reçut avec des marques non équivoques de respect et d'affection.

—Don Martin,—lui dit-il, et sa voix respirait la tendresse la plus vraie,—je vous ai les plus grandes obligations; c'est votre main qui m'a poussé sur le chemin de la fortune. Mon élévation date du jour où je suis entré dans la maison de votre père pour devenir votre précepteur. Je vous ai suivi à la cour, où vous avait appelé le cardinal ministre, et quand vous avez renoncé à ce séjour pour embrasser la carrière des armes, vous avez prié votre illustre parent d'assurer l'avenir de Calderon. Vous voyez ce qu'il a fait pour moi. Don Martin, nous ne nous sommes jamais rencontrés depuis; mais j'espère que maintenant il me sera permis de vous prouver ma reconnaissance.

—Oui, répliqua vivement Fonseca, vous pouvez me sauver du désespoir et me rendre le plus heureux des hommes.

—Que puis-je faire pour vous? demanda Calderon.