Et Calderon rentra dans les appartements intérieurs.
V
Devant une table couverte de papiers étaient assis le roi d'Espagne et Calderon.
Philippe III était sombre, grave et taciturne. Rien dans son extérieur ni dans ses relations avec son ministre n'eût pu indiquer, même au plus fin observateur, si Calderon était en disgrâce ou en faveur auprès du monarque.
Philippe avait reçu une éducation monacale; l'astuce et l'hypocrisie, nécessités d'une politique despotique, s'alliaient en lui au fanatisme religieux.
Le plus profond silence régnait dans l'appartement; il n'était interrompu que par les brèves remarques du roi et les explications du ministre. Quand ce dernier eut terminé son travail, le roi dit en lançant à Calderon un regard furtif:
—L'infant me quittait quand vous êtes entré; l'avez-vous vu depuis votre retour?
—Oui, sire, il m'a honoré d'une visite ce matin.
—Et de quoi vous êtes-vous entretenus?... d'affaires d'État?