—Ce pauvre César! dit-elle, dans son trouble, que lui est-il donc arrivé?

—Il y a quelque chose de malsain dans ces fruits, reprit Charles d'Este, d'une voix rauque.

—Ah! répondit la Belcredi, vous me cherchez toujours querelle, Monseigneur... Voilà que vous semblez me soupçonner.

—Ne vous accusez pas vous-même, exclama le Duc.

—Monseigneur, reprit Giulia, j'en ai mangé, j'en mangeais tout à l'heure...

—Empoisonneuse! cria Charles d'Este, incapable de se contenir plus longtemps... Empoisonneuse!

Un coup de pistolet partit. Otto, de l'entrée du corridor, venait de tirer sur son père.

—Ah! traître! hurla le Duc, saisissant dans sa poche, son revolver.

Une seconde balle passa à trois doigts par dessus sa tête, tandis qu'il se baissait vivement, derrière son fauteuil. Il tira. Otto tournoya, tomba, et demeura comme mort, à l'entrée de ce couloir obscur.

—Giovan! cria le Duc, tiens, prends mon revolver, abats-moi cette coquine!