—Monseigneur, vite, vite, vite, venez vite! dit Mila qui se précipita. La Grande-Duchesse se meurt!
L'horreur régnait dans la partie du palais qu'ils traversèrent. Toutes les portes étaient ouvertes; et les valets, rassemblés aux abords de l'appartement d'Isabelle, sur le palier du grand escalier, bourdonnaient et se poussaient confusément les uns les autres. Un profond silence s'établit, dès qu'on vit paraître Floris. Et l'on n'entendit plus que la voix d'une des femmes de la Grande-Duchesse, qui, accompagnée de Lucio, descendait le degré, portant des deux mains un plat de cuivre, sur lequel gisait un enfant mort, recouvert d'un linge sanglant.
—Holà! cria Floris, ouvrez!
L'antichambre était solitaire: rien qu'une femme, avec des fioles et des lampes, qui y faisait chauffer quelque potion. M. Manès se présenta à la rencontre du Grand-Duc:
—Ah! c'est vous, Monseigneur... Venez...
—Vous la sauverez, n'est-ce pas?
—Dieu peut faire un miracle! répondit Manès.
Floris entra, se soutenant à peine. La chambre était vide et obscure. Deux ou trois bougies jaunes brûlaient au fond de l'alcôve, sur l'archivolte de laquelle des Renommées tenaient une couronne d'or. Soudain, il aperçut Isabelle. Un calme lugubre était peint sur son visage décoloré; elle gardait les paupières fermées. Le Grand-Duc s'affaissa par terre, auprès du lit, en sanglotant.
—Est-ce vous, mon cher cœur? dit Isabelle. Ne pleurez pas! Tout est bien arrangé de la sorte... Oh! je ne vous épiais pas; je venais prier auprès du Grand-Duc...