L'aube se leva grise et frissonnante. Les cloches de Saint-Augustin lançaient, à plein branle, leurs volées sonores. Vers huit heures, les femmes de Josine commencèrent de l'habiller, tandis que la petite princesse les gourmandait et les hâtait impatiemment, éclatant en mille saillies joyeuses. Mais Pépy roula jusque devant elle un large miroir suspendu; et, se levant, Josine s'y vit toute.

Elle avait un habit de damas, à fleurons d'un blanc éclatant, sur un fond d'incarnat parfilé d'argent. Une broderie de turquoises vertes, suivant les ramages du velouté, relevait l'étoffe magnifique, lustrée, moirée, comme poudrée d'une glaçure d'argent.

—Votre Grâce, exclama la chambrière, ne s'est jamais trouvée plus en beauté.

Agathe de Putbus entra. Cette jeune fille, amie des princesses, et arrivée la veille, dans la soirée, était grande, blanche, fort rousse, des yeux bleu clair, splendidement vêtue.

—Il est près de dix heures, fit-elle. Si tu ne te dépêches pas, nous ne pourrons habiller Isabelle.

—Voilà!... j'ai fini, j'ai fini... Tiens, ma chérie, prends dans le drageoir des pastilles de violettes. Encore deux ou trois épingles... Fais donc attention, Rina!... Méthodiquement! comme disait miss, lorsqu'elle apprenait à nager dans le lac, avec des vessies.

—Ta robe paraît bien légère, dit Agathe. N'auras-tu pas froid?

—Bah! laisse donc. On a chauffé l'église, toute la nuit... Et d'ailleurs, le signor Cupidon ne sera-t-il pas là présent, avec ses flambeaux, ses réchauds et tous ses attributs calorifiques... Mais toi, ma chérie, j'y pense: tu n'as pas encore vu Floris... Il faut bien pourtant te le présenter.

Et Josine, vivement, frappa sur un timbre.