[107] II Rois, 23, 7. Voir Soury, la Religion d'Israël.
[108] Sepp, Heidenthum und Christenthum.
[109] Dubois, Mœurs de l'Inde.
[110] Lindemann, Geschichte der Meinungen.
[111] Bishop of Labuan, Transactions of the Ethnological Society, II.
Revenons à nos Aléouts. Dès que l'ordination a été conférée au lévite, sitôt que le choupan a mué en angakok, la tribu lui confie les filles le mieux en point, par les grâces du corps et du caractère; il parfera leur éducation,—les perfectionnera dans la danse et autres arts d'agrément, et, enfin, les initiera aux plaisirs de l'amour. Si elles se montrent intelligentes, elles deviendront mires et mèges, prêtresses et prophétesses. Les kachims d'été, qui sont fermés aux femmes du commun, s'ouvriront à deux battants devant elles. On est persuadé que ces filles seraient d'une fréquentation malsaine, si elles n'avaient été purifiées par le commerce d'un homme de Dieu.—Les braves gens! Et l'on a prétendu qu'ils manquaient de religion!
Religieux autant que tout autre peuple, sinon davantage, les Inoïts révèrent les esprits[112] des rocs et des caps, des glaciers, buttes et banquises; présentent leurs respects à toute chose inconnue ou dangereuse. Leur chamanisme ou théorie magique est identique en substance à la doctrine professée par les populations de l'Asie et de l'Amérique septentrionales; il a été développé dans la suite des temps avec une rigueur surprenante, si bien que l'institution des poulik, des angakout[113], et jossakids, forme, avec les doctrines et traditions qui l'accompagnent, le lien moral des tribus éparpillées sur cet immense territoire.
[112] Inoe.
[113] Angakok, sorcier, pluriel Angakout.