«Quiconque a étudié la science des visions, sait que l'on doit s'abstenir de toutes sortes d'oiseaux si l'on veut être délivré du joug des choses terrestres et trouver une place parmi les dieux du ciel.» Mais il n'en dit pas la raison.

Suivant Euripide, les initiés au culte secret de Jupiter en Crète s'abstenaient de la chair des animaux. Voici comment il fait parler ces prêtres; c'est le choeur qui s'adresse au roi Minos:

«Fils d'une Tyrienne de Phénicie, descendant d'Europe et du grand Jupiter, roi de l'île de Crète, fameuse par cent villes; nous venons vers toi, en quittant les temples des dieux construits du bois des chênes et des cyprès façonnés par le fer, nous menons une vie pure.--Depuis le temps que j'ai été fait prêtre de Jupiter idéen, je ne prends plus de part aux repas nocturnes des bacchanales, et je ne mange plus les viandes saignantes, mais j'offre des flambeaux à la mère des dieux: je suis prêtre parmi les curètes revêtus de blanc; je m'éloigne du berceau des hommes, j'évite aussi leurs tombes, et je ne mange rien de ce qui a été animé par le souffle de vie.»

La chair des poissons est phosphorescente, et par conséquent aphrodisiaque. Les fèves sont échauffantes et font rêver creux. On trouverait sans doute une raison profonde à toutes les abstinences, même les plus singulières, en dehors de toutes superstitions. Il est certaines combinaisons d'aliments qui sont contraires aux harmonies de la nature. «Ne faites pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère,» disait Moïse; prescription touchante comme allégorie et sage sous le rapport de l'hygiène.

Les Grecs comme les Romains, mais moins que les Romains, croyaient aux présages; ils regardaient les serpents comme de bon augure lorsqu'ils goûtaient aux offrandes sacrées. S'il tonnait à droite ou gauche, l'augure était favorable ou malheureux. Les éternuements étaient des présages, et ils observaient de même certains autres accidents naturels aussi bruyants, mais moins honnêtes que l'éternuement. Dans l'hymne de Mercure, Homère raconte qu'Apollon, auquel le dieu des voleurs, étant encore au berceau, venait de dérober ses boeufs, prend l'enfant et le secoue pour lui faire avouer le larcin:

Mercure s'avisant d'un étrange miracle,

De ses flancs courroucés fit entendre l'oracle;

Jusqu'au grand Apollon la vapeur en monta,

Et gourmandant l'enfant qu'à terre il rejeta,

Bien qu'il eût grand désir d'achever son voyage,