La lumière astrale est l'âme vivante de la terre, âme matérielle et fatale, nécessitée dans ses productions et dans ses mouvements par les lois éternelles de l'équilibre. Cette lumière qui entoure et pénètre tous les corps peut en annuler la pesanteur et les faire tourner autour d'un centre puissamment absorbant. Des phénomènes qu'on n'a pas assez examinés et qui se reproduisent de nos jours, ont prouvé la vérité de cette théorie. C'est à cette loi naturelle qu'il faut attribuer les tourbillons magiques au centre desquels se plaçaient les enchanteurs. C'est le secret de la fascination exercée sur les oiseaux par certains reptiles et sur les natures sensitives par les natures négatives et absorbantes; les mediums sont en général des êtres malades en qui le vide se fait, et qui attirent alors la lumière comme les abîmes attirent l'eau des tourbillons. Les corps les plus lourds peuvent être alors soulevés comme des pailles, et entraînés par le courant. Ces natures négatives et mal équilibrées, en qui le corps fluidique est informe, projettent à distance leur force d'attraction et s'ébauchent en l'air des membres supplémentaires et fantastiques. Lorsque le célèbre medium Home fait apparaître autour de lui des mains sans corps, il a lui-même les mains mortes et glacées. On pourrait dire que les mediums sont des créatures phénoménales en qui la mort lutte visiblement contre la vie. Il faut juger de même les fascinateurs, les jeteurs de sort, les gens qui ont le mauvais oeil et les envoûteurs. Ce sont des vampires, soit volontaires, soit involontaires; ils attirent la vie qui leur manque et troublent ainsi l'équilibre de la lumière. S'ils le font volontairement, ce sont des malfaiteurs qu'il faut punir; s'ils le font involontairement, ce sont des malades fort dangereux dont les personnes délicates et nerveuses surtout doivent soigneusement éviter le contact.

Voici ce que Porphyre raconte dans la vie de Plotin:

«Parmi ceux qui faisaient profession de philosophes, il y en avait un nommé Olympius, il était d'Alexandrie; il avait été pendant quelque temps disciple d'Ammonius, il traita Plotin avec mépris parce qu'il voulait avoir plus de réputation que lui. Il employa des cérémonies magiques pour lui nuire; mais s'étant aperçu que son entreprise retombait sur lui-même, il convint devant ses amis qu'il fallait que l'âme de Plotin fût bien puissante, puisqu'elle rétorquait sur ses ennemis leurs mauvais desseins. Plotin sentait l'action hostile d'Olympius, et parfois il lui arriva de dire: «Voici Olympius qui a maintenant des convulsions.» Celui-ci ayant éprouvé plusieurs fois qu'il souffrait lui-même les maux qu'il voulait faire souffrir à Plotin, cessa enfin de le persécuter.»

L'équilibre est la grande loi de la lumière vitale: si nous la projetons avec violence, et qu'elle soit repoussée par une nature mieux équilibrée que la nôtre, elle revient sur nous avec une violence égale. Malheur donc à ceux qui veulent employer les forces naturelles au service de l'injustice, car la nature est juste et ses réactions sont terribles.

CHAPITRE VII.

MONUMENTS MAGIQUES.

SOMMAIRE.--Les pyramides.--Les sept merveilles.--Thèbes et ses sept portes.--Le bouclier d'Achille.--Les colonnes d'Hercule.

Nous avons dit que l'ancienne Égypte était un pantacle, et l'on pourrait en dire autant de l'ancien monde tout entier. Plus les grands hiérophantes mettaient de soin à cacher leur science absolue, plus ils cherchaient à en agrandir et à en multiplier les symboles. Les pyramides triangulaires et carrées par la base, représentaient leur métaphysique basée sur la science de la nature. Cette science de la nature avait pour clef symbolique la forme gigantesque de ce grand sphinx qui s'est creusé un lit profond dans le sable en veillant au pied des pyramides. Les sept grands monuments appelés les merveilles du monde étaient les magnifiques commentaires des sept lignes dont se composaient les pyramides, et des sept portes mystérieuses de Thèbes. A Rhodes, était le pantacle du soleil. Le dieu de la lumière et de la vérité y apparaissait sous une forme humaine revêtue d'or, il élevait dans sa main droite le phare de l'intelligence; dans sa main gauche, il tenait la flèche du mouvement et de l'action. Ses pieds reposaient à droite à gauche sur des môles qui représentaient les forces éternellement équilibrées de la nature, la nécessité et la liberté, le passif et l'actif, le fixe et le volatil, les colonnes d'Hercule.

A Éphèse, était le pantacle de la lune: c'était le temple de la Diane panthée. Ce temple était fait à l'image de l'univers: c'était un dôme sur une croix avec une galerie carrée et une enceinte circulaire comme le bouclier d'Achille.