Il résulte de ces assertions, d'ailleurs fort remarquables, que Torreblanca attribue les maladies au démon, et que par le démon il entend la maladie elle-même; ce que nous entendrions bien volontiers avec lui si l'autorité dogmatique le permettait.
Les efforts continuels de la lumière astrale pour dissoudre et absorber les êtres appartiennent à sa nature même; elle ronge comme l'eau, à cause de ses courants continuels; elle dévore comme le feu, parce qu'elle est l'essence même du feu et sa force dissolvante.
L'esprit de perversité et l'amour de la destruction chez les êtres qu'elle domine n'est que l'instinct de cette force. C'est aussi un résultat de la souffrance de l'âme qui vit d'une vie incomplète et se sent déchirée par des tiraillements en sens contraires. Elle aspire à en finir, et craint cependant de mourir seule, elle voudrait donc anéantir avec elle la création tout entière.
Cette perversité astrale se manifeste ordinairement par la haine des enfants. Une force inconnue porte certains malades à les tuer, des voix impérieuses demandent leur mort. Le docteur Brierre de Boismont cite des exemples terribles de cette manie qui nous rappelle les crimes de Papavoine et d'Henriette Cornier [11].
Note 11:[ (retour) ] Histoire des hallucinations, 2e édition, 1853.
Les malades de perversion astrales sont malveillants et s'attristent de la joie des autres. Ils ne veulent pas surtout qu'on espère; ils savent trouver les paroles les plus navrantes et les plus désespérantes, même lorsqu'ils cherchent à consoler, parce que la vie est pour eux une souffrance et parce qu'ils ont le vertige de la mort.
C'est aussi la perversion astrale et l'amour de la mort qui font abuser des oeuvres de la génération, qui portent à en pervertir l'usage ou à les flétrir par des moqueries sacriléges et des plaisanteries honteuses. L'obscénité est un blasphème contre la vie.
Chacun de ces vices s'est personnifié en une idole noire ou un démon qui est une image négative et défigurée de la divinité qui donne la vie; ce sont les idoles de la mort.
Moloch est la fatalité qui dévore les enfants.
Satan et Nisroch sont les dieux de la haine, de la fatalité et du désespoir.