Astarté, Lilith, Nahéma, Astaroth, sont les idoles de la débauche et de l'avortement.
Adramelech est le dieu du meurtre.
Bélial, celui de la révolte éternelle et de l'anarchie. Conceptions funèbres d'une raison près de s'éteindre qui adore lâchement son bourreau pour obtenir de lui qu'il fasse cesser son supplice en achevant de la dévorer!
Le vrai nom de Satan, disent les kabbalistes, c'est le nom de Jéhovah renversé, car Satan n'est pas un dieu noir, c'est la négation de Dieu. Le diable est la personnification de l'athéisme ou de l'idolâtrie.
Pour les initiés, ce n'est pas une personne, c'est une force créée pour le bien, et qui peut servir au mal; c'est l'instrument de la liberté. Ils représentaient cette force qui préside à la génération physique sous la forme mythologique et cornue du dieu Pan; de là est venu le bouc du sabbat, le frère de l'ancien serpent, et le porte-lumière ou phosphore dont les poëtes on fait le faux Lucifer de la légende.
CHAPITRE IV.
DES DERNIERS PAÏENS.
SOMMAIRE.--Apollonius de Tyane; sa vie et ses prodiges.--Essais de Julien pour galvaniser l'ancien culte.--Ses évocations.--Jamblique et Maxime de Tyr.--Commencement des sociétés secrètes et pratiques défendues de la magie.
Le miracle éternel de Dieu, c'est l'ordre immuable de sa providence dans les harmonies de la nature; les prodiges sont des désordres et ne doivent être attribués qu'aux défaillances de la créature. Le miracle divin est donc une réaction providentielle pour rétablir l'ordre troublé. Lorsque Jésus guérissait les possédés, il les calmait et faisait cesser leurs actes merveilleux; lorsque les apôtres apaisaient l'exaltation des pythonisses, ils faisaient cesser la divination. L'esprit d'erreur est un esprit d'agitation et de subversion; l'esprit de vérité porte partout avec lui le calme et la paix.
Telle fut l'action civilisatrice du christianisme naissant; mais les passions amies du trouble ne devaient pas lui laisser sans combats la palme de sa facile victoire. Le polythéisme expirant demanda des forces à la magie des anciens sanctuaires; aux mystères de l'Évangile on opposa encore ceux d'Éleusis. Apollonius de Tyane fut mis en parallèle avec le Sauveur du monde; Philostrate se chargea de faire une légende à ce dieu nouveau, puis vint l'empereur Julien, qui eût été adoré si le javelot qui le tua n'avait en même temps porté le dernier coup à l'idolâtrie césarienne; la renaissance violente et surannée d'une religion morte dans ses formes fut un véritable avortement, et Julien dut périr avec l'enfant décrépit qu'il s'efforçait de remettre au monde.