CHAPITRE VII.

EMPIRE ET RESTAURATION.

SOMMAIRE.--Le côté merveilleux da règne de Napoléon.--Prédictions qui l'avaient annoncé.--Prophéties du Liber mirabilis, de Nostradamus et d'Olivarius.--Rôle joué sous l'empire par mademoiselle Le Normand.--La sainte-alliance et l'empereur Alexandre.--Madame Bouche et madame de Krudener.--Les visions de Martin (de Gallardon).

Napoléon remplissait le monde de merveilles et il était lui-même la plus grande merveille du monde; sa femme, l'impératrice Joséphine, curieuse et crédule comme une créole, passait d'enchantements en enchantements. Cette gloire lui avait été prédite, assure-t-on, par une vieille bohémienne, et le peuple des campagnes croit encore que Joséphine était, elle-même, le bon génie de l'empereur; c'était en effet une douce et modeste conseillère, qui l'eût écarté de bien des écueils, s'il eût toujours écouté sa voix, mais la fatalité ou plutôt la Providence le poussait en avant, et ce qu'il avait à devenir était écrit.

Dans une prophétie attribuée à saint Césaire, mais qui est signée Jean de Vatiguerro, et qui se trouve dans le Liber mirabilis, recueil de prédictions imprimé en 1524, on lit ces paroles étonnantes:

«Les églises seront souillées et profanées, le culte public cessera...

«L'aigle volera par le monde et se soumettra plusieurs nations...

«Le prince le plus grand et le plus auguste souverain de tout l'Occident, sera mis en fuite après une défaite surnaturelle...

«Le très noble prince sera mis en captivité par ses ennemis et s'affligera en pensant à ceux qui étaient attachés à lui...