Louis XVIII, d'ailleurs, était assez sceptique pour être crédule. Le doute en présence de l'être et de ses harmonies, le scepticisme en face des mathématiques éternelles et des lois immuables de la vie qui rendent la divinité présente et visible partout, n'est-ce pas la plus sotte des superstitions et la plus inexcusable comme la plus dangereuse de toutes les crédulités?

LIVRE VII.

LA MAGIE AU XIXe SIÈCLE.

ז, Zaïn.

CHAPITRE PREMIER.

LES MAGNÉTISEURS MYSTIQUES ET LES MATÉRIALISTES.

SOMMAIRE.--Une évocation dans l'église de Notre-Dame.--Les faux prophètes et les faux dieux.

La négation du dogme fondamental de la religion catholique, si poétiquement formulée dans le poème de Faust, avait porté ses fruits dans le monde. La morale privée de sa sanction éternelle devenait douteuse et chancelante. Un mystique matérialiste retourna le système de Swedenborg pour créer sur la terre le paradis des attractions proportionnelles aux destinées. Par les attractions, Fourier entendait les passions sensuelles, auxquelles il promettait une expansion intégrale et absolue. Dieu, qui est la suprême raison, marqua d'un sceau terrible ces doctrines réprouvées: les disciples de Fourier avaient commencé par l'absurdité, ils finirent par la folie.

Ils crurent sérieusement au changement prochain de l'Océan en un vaste bol de limonade, à la création future des antilions et des antiserpents, à la correspondance épistolaire des planètes les unes avec les autres. Nous ne parlons pas de la fameuse queue de trente-deux pieds dont ils voulaient, dit-on, gratifier l'espèce humaine, parce qu'ils ont eu eux-mêmes la générosité de renoncer à cette queue et d'en considérer l'avènement, possible, suivant le maître, comme purement hypothétique.