Les esprits qui aiment et font le mal sont accidentellement mauvais.
Il y a donc un diable qui est l'esprit d'erreur, d'ignorance volontaire, de vertige; et il y a des êtres qui lui obéissent, qui sont ses envoyés, ses émissaires, ses anges, et c'est pour cela qu'il est parlé dans l'Évangile d'un feu éternel qui est préparé, prédestiné en quelque sorte au diable et à ses anges. Ces paroles sont toute une révélation et nous aurons à les approfondir.
Définissons d'abord bien nettement le mal; le mal c'est le défaut de rectitude dans l'être.
Le mal moral est le mensonge en actions comme le mensonge est le crime en paroles.
L'injustice est l'essence du mensonge; tout mensonge est une injustice.
Quand ce qu'on dit est juste, il n'y a pas mensonge. Quand on agit équitablement et d'une manière vraie, il n'y a pas péché.
L'injustice est la mort de l'être moral, comme le mensonge est le poison de l'intelligence.
L'esprit de mensonge est donc un esprit de mort.
Ceux qui l'écoutent sont empoisonnés par lui et sont ses dupes.
Mais s'il fallait prendre sa personnification absolue au sérieux, il serait lui-même absolument mort et absolument trompé, c'est-à-dire que l'affirmation de son existence impliquerait une évidente contradiction.