Pythagore définissait Dieu: une vérité vivante et absolue revêtue de lumière.

Il disait que le verbe était le nombre manifesté par la forme.

Il faisait tout descendre de la tétractys, c'est-à-dire du quaternaire.

Dieu, disait-il encore, est la musique suprême dont la nature est l'harmonie.

Suivant lui, l'expression la plus haute de la justice c'est le culte; le plus parfait usage de la science c'est la médecine; le beau c'est l'harmonie, la force c'est la raison, le bonheur c'est la perfection, la vérité pratique c'est qu'il faut se méfier de la faiblesse et de la perversité des hommes.

Lorsqu'il fut venu s'établir à Crotone, les magistrats de cette ville, voyant quel empire il exerçait sur les esprits et sur les coeurs, le craignirent d'abord, puis ensuite le consultèrent. Pythagore leur conseilla de sacrifier aux muses et de conserver entre eux la plus parfaite harmonie, car, leur disait-il, ce sont les conflits entre les maîtres qui révoltent les serviteurs; puis il leur donna le grand précepte religieux, politique et social:

«Il n'y a aucun mal qui ne soit préférable à l'anarchie.»

Sentence d'une application universelle et d'une profondeur presque infinie, mais que notre siècle même n'est pas encore assez éclairé pour bien comprendre.

Il nous reste de Pythagore, outre les traditions de sa vie, ses vers dorés et ses symboles; ses vers dorés sont devenus des lieux communs de morale vulgaire, tant ils ont eu de succès à travers les âges. En voici une traduction:

Εκητα χρυσα.