Elle portait que les vêpres des morts seraient chantées après l'office du jour, pour l'âme de défunt frère François, qui allait être immédiatement, et pour jamais enseveli dans l'in pace.

Les moines furent consultés: ils regardèrent le prieur, qui regardait frère Paphnuce, et tout le monde condamna.

Il fut décidé que le frère médecin serait renfermé dans le même cachot, d'où quelques heures auparavant on avait tiré frère Lubin.

Frère François, riant sous cape, parut profondément affligé.

On lui ordonna de se mettre à genoux au milieu du Chapitre et de faire amende honorable, en tenant à la main un cierge allumé.

—Seigneur, mon Dieu, dit-il quand il fut dans cette humble posture, je vous confesse ma folie, et je vous demande pardon d'avoir fait ce que vous défendez dans votre Évangile, où vous avez dit: «Ne semez pas les perles devant les pourceaux; car ils les fouleraient aux pieds, et leur fureur se tournant contre vous ils vous déchireraient.

Je vous demande pardon de l'ignorance et de la méchanceté de ces moines; car j'ai vécu au milieu d'eux, et j'aurais dû essayer de les convertir ou les quitter.

Je vous demande pardon de leur avoir parlé sérieusement et de m'être ainsi rendu aussi ridicule que si j'avais voulu donner des leçons de métaphysique à des citrouilles.

Je m'en repens sincèrement, et vous promets de ne traiter désormais de pareilles gens que par ce rire inextinguible qui, selon Homère, fait le bonheur des dieux, et qui doit-être, selon moi, la panacée universelle des philosophes.

Car le rire est un acte de foi: les larmes sont la pénitence du doute ou de la fausse croyance. C'est la triste pluie qui se forme; quand viennent à se condenser les vapeurs de l'illusion.