[Note 109: ][ (retour) ] Mouvement des principaux ports du golfe de Tarente et des Calabres en 1873:

Reggio 2,047 navires, jaugeant 290,600 tonnes.
Galipolli 690 » » 128,800 »
Pizzo 450 » » 128,750 »
Paola 751 » » 117,750 »
Colrone 1,078 » » 111,400 »
Tarente 892 » » 91,000 »
Catanzaro (Squillace) 539 » » 80,000 »

[Note 110: ][ (retour) ] Communes (ville et banlieue) principales du Napolitain en 1871:

Naples (Napoli).......... 449,000 hab.
Bari..................... 50,500 »
Foggia................... 38,000 »
Reggio................... 35,000 »
Andria................... 34,000 »
Caserta.................. 29,000 »
Barletta................. 28,100 »
Salerne (Salerno)........ 28,000 »
Tarente (Taranto)........ 27,500 »
Molfetta................. 27,000 »
Castellamare di Stabia... 26,500 »
Corato................... 26,200 »
Bitonto.................. 25,000 »
Catanzaro................ 24,900 »
Trani.................... 24,500 »
Lecce.................... 23,000 »
Cerignola................ 21,600 »
Bisceglie................ 21,200 »
Aversa................... 21,100 »
Maddaloni................ 21,000 »
Sessa.................... 20,700 »
Bénévent (Benevento)..... 20,000 »
Avellino................. 19,800 »
Cava..................... 19,500 »
Santa Maria Capua Vetere. 18,000 »
Cosenza.................. 17,700 »
San Severo............... 17,600 »
Altamura................. 17,300 »
Potenza.................. 16,000 »
Sarno.................... 15,500 »
Lucera................... 15,000 »
Campobasso............... 14,500 »

VII

LA SICILE.

La Trinacrie des anciens, l'île régulière «aux trois promontoires», est évidemment une dépendance de la péninsule italienne, dont elle n'est séparée que par un étroit bras de mer. Dans sa partie la moins large, le canal de Messine n'a guère plus de 3 kilomètres [111], espace qu'il est facile de franchir en barque et que les chevaux de Timoléon le Corinthien, d'Appius Claudius et de Roger, le comte normand, traversèrent jadis en se débattant à la proue des navires ou au bordage des radeaux. Avec les ressources dont l'industrie dispose actuellement, il ne serait nullement impossible de construire un pont de jonction entre la Sicile et la grande terre, car des travaux presque aussi gigantesques ont été déjà entrepris par l'homme et menés à bonne fin: ce ne sera plus qu'une simple question d'argent, quand les intérêts commerciaux de la Péninsule exigeront cet ouvrage. Il n'est guère douteux qu'avant la fin du siècle la Sicile se trouvera matériellement rattachée à l'Italie, soit par un tunnel, soit par un pont fixe ou flottant. L'industrie humaine ne manquera pas de rétablir ainsi d'une manière ou d'une autre l'ancien isthme qui reliait la pointe du Phare aux monts italiens d'Aspromonte. On ne sait à quelle époque géologique s'est opérée la rupture, quoique certains voyageurs, entraînés par leur imagination, croient distinguer sur les montagnes des deux rives les traces de l'antique déchirement. D'après le nom de Heptastade, que lui donnaient les anciens, on pourrait croire que le détroit n'avait de leur temps que sept stades, près de 1,300 mètres de largeur; il aurait donc été deux fois plus resserré qu'aujourd'hui.

[Note 111: ][ (retour) ]

Largeur moindre du détroit.............. 3,147 mètres.
Profondeur extrême...................... 332 »
Profondeur moyenne, au seuil du détroit. 75 »

Quoi qu'il en soit, la Sicile doit être considérée, au point de vue historique, comme se trouvant exactement dans les mêmes conditions qu'une terre continentale. La traversée du détroit n'est guère plus difficile que celle d'un large fleuve; la guerre seule a fréquemment isolé la Sicile, et récemment encore, pendant l'invasion des «Mille» de Garibaldi, l'île entière est restée durant près d'un mois privée de toute communication avec l'Italie; mais ces faits tout exceptionnels n'empêchent pas que l'île ne soit géographiquement un appendice de la péninsule d'Italie. D'autre part, elle jouit aussi de tous les avantages que lui donne sa position maritime. Située au centre même de la Méditerranée, entre les deux grands bassins de la mer Tyrrhénienne et de la mer Orientale, elle commande toutes les routes commerciales entre l'Atlantique et l'Orient. D'excellents ports invitent les navires à relâcher sur ses rivages; des terrains d'une grande fertilité, des ressources naturelles de toute espèce assurent l'existence des populations; un heureux climat favorise le développement de la vie. Peu de régions en Europe semblent mieux placées pour nourrir dans l'aisance un nombre considérable d'habitants. La Sicile est, en effet, beaucoup plus populeuse et plus riche que la grande île voisine, la Sardaigne, et que toutes les provinces du Napolitain, à l'exception de la Campanie; elle rivalise en importance proportionnelle avec les contrées du nord de l'Italie. [112] Chaque période de paix et de liberté lui donne un étonnant essor: nul doute qu'elle ne fût une des régions les plus prospères du monde, si elle n'avait été tant de fois ravagée par la guerre et si un régime d'oppression n'avait presque constamment pesé sur elle.

[Note 112: ][ (retour) ]

Superficie de la Sicile 29,240 kil. carrés.
Population en 1870 2,565,500 hab.
Population kilométrique 88 »