— Vous êtes bonne, reprit-il ; je sais que vous avez prié en pensant à moi.
— Oh ! oui, répondit-elle avec une décision exaltée, si vous guérissez, je me convertis.
— Et même si je ne guérissais pas ?
— Taisez-vous ; j’ai foi que vous guérirez.
De toute son affection véhémente elle le considéra, comme pour lui insuffler la santé dont elle regorgeait ; puis elle regarda Mme Rude, et celle-ci s’efforça de sourire ; mais, seule, la mère semblait douter.
Cependant, Pauline, en sortant, se répétait : « Il vivra, il doit vivre, ce serait fou de mourir, gonflé de force, comme il l’est. »
La tête lui tournait de joie, dans cette confiance de le revoir sauvé. Par crainte de se montrer indiscrète, elle attendit la fin du jour avant d’aller s’assurer que le mieux persistait.
Vers sept heures et demie du soir, au moment où Armance servait le potage, Edmée, l’air hagard, apparut à la fenêtre de la salle à manger.
— Il est au plus mal ; je cours chercher l’Extrême-Onction.
Pauline, pâle et résolue, se leva de table.