En attendant, il évoque d’un mot ce qu’il souffrit « à Antioche, à Iconium, à Lystres, les persécutions dont le Seigneur l’a toujours délivré. Et, aujourd’hui, il endure tout « à cause des élus (des prédestinés) pour qu’ils aient part au salut, eux aussi, et à la gloire éternelle ».

Il rappelle à son disciple ses volontés constantes ; il lui recommande la justice, la charité, la mansuétude, même à l’égard de ceux qu’il faut reprendre et condamner.

Sa voix semble déjà venir d’outre-tombe, d’un monde où la paix ne peut plus être perdue.

En même temps, il prépare pour d’innombrables martyrs l’exhortation qui leur convient. Dans les Actes de ceux de Scilli[462], le proconsul Saturninus pose à l’accusé Speratus cette question : « Que gardez-vous dans vos archives ? » Et Speratus répond : « Nos livres sacrés et les épîtres de Paul, homme très saint. »

[462] Dont le procès fut jugé à Carthage, en juillet 180. Voir dom Leclerq, op. cit., p. 111.

Avant l’heure des supplices, quel viatique il leur apportait ! On s’explique l’athlète figuré sur les parois des catacombes ; c’était à lui qu’ils songeaient, comme au lutteur invincible, victorieux par la grâce, et qui, par elle, n’avait jamais douté de l’être.

Mais, après cette épître, les derniers jours de l’Apôtre se perdent comme dans un couloir sombre. Les péripéties de son deuxième procès, jusqu’à la fin des temps, resteront inconnues. Nous sommes réduits aux Apocryphes ; et le narrateur invente visiblement ou transpose des circonstances multiples.

Patrocle, échanson de César, est allé entendre Paul dans la grange où il enseigne. Cet homme va s’asseoir sur la fenêtre du grenier ; il en tombe et meurt. Paul le ressuscite. Il le fait asseoir sur une bête de somme. Patrocle repart en parfaite santé.

L’épisode est une copie maladroite de la résurrection d’Eutychos à Troas. Mais la suite peut contenir des éléments plus véridiques.

Néron a su la mort de Patrocle. Lorsqu’il le voit revenir vivant, il s’étonne : « Qui t’a fait vivre ? — Le Christ Jésus, répond Patrocle, le roi de l’éternité. »