[180] Traité sanhédrin, trad. Schwab, ch. VII.
Cependant il se contentera d’exposer avec une admirable logique comment l’homme, en déifiant la liberté de sa chair, l’avilit, charge d’un opprobre ce corps dont l’Esprit Saint fait son temple[181]. Il proclamera la virginité supérieure au mariage[182]. Mais personne, après Jésus, n’attestera plus solennellement la sainte grandeur de l’union conjugale[183] ; et il conseillera même aux jeunes veuves corinthiennes : « Remariez-vous plutôt que de brûler[184]. »
[181] I Cor. VI, 19.
[182] Id. VII, 1.
[183] Éphés. V, 22-23.
[184] I Cor. VII, 9. Phrase cavalière où, d’avance, sont condamnés les encratites, les sectaires qui exigeaient de tous les fidèles la continence absolue.
Le signe de sagesse dans sa doctrine est qu’à l’instant où il passe au bord d’une décision excessive, un principe évangélique, une vérité d’expérience rectifient sa position.
Il concède à l’humaine faiblesse ce qu’autorise la loi divine. Seulement, jamais il ne transige avec l’Esprit du mal. Une rencontre qu’il fit à Paphos donne la mesure de sa violence contre les faux prophètes.
Il y avait là un charlatan juif, nommé Barjésus, et connu sous le surnom d’Élymas, le mage. Cet homme, par sa pratique des sciences occultes, s’était insinué auprès du proconsul Sergius Paulus, personnage lettré, curieux de théosophie.
Les Juifs, en dépit des prohibitions légales, s’adonnaient furieusement au métier d’astrologue, de sorcier, de nécromancien ; ils y croyaient. Nous lisons dans le Talmud[185] :