[185] Traité sanhédrin, ch. VII, p. 25.
« R. Josué ben Hanania dit : « Je puis prendre des courges et des melons, en faire des boucs et des cerfs qui, à leur tour, se reproduiront. »
« R. Hanaï dit : « Je marchais dans une rue de Séphoris ; je vis quelqu’un prendre une pierre et la jeter en l’air ; cet objet, retombé à terre, était devenu un veau. »
Leur génie les prédisposait à bien jouer les rôles prophétiques ; ils y trouvaient des satisfactions lucratives. C’était une mode, chez les princes, de nourrir dans leur intimité un ou plusieurs de ces devins qu’on appelait « chaldéens, mathématiciens ». Tibère, pendant son exil à Rhodes, s’était initié aux arcanes de l’astrologie[186]. Chypre était aussi un nid de sorciers. Simon le magicien, que l’on dit cypriote, avait appris à bonne école ses vains prestiges.
[186] Tacite, Annales, VI, XX-XXI.
L’Ane d’or d’Apulée nous laisse entrevoir la folle et sinistre importance de la sorcellerie, aux derniers siècles de l’Empire. Les sorciers s’attribuaient le pouvoir de métamorphoser les hommes en bêtes, par l’effet de certains mots, de certains onguents, et de leur restituer, s’il leur plaisait, leur forme[187]. Ils trituraient des philtres, exerçaient des envoûtements, et, pour les aider, vendaient des poisons. Ils mettaient leur savoir fascinant au service des passions ignobles et des vengeances.
[187] Les sorciers hindous prétendent en faire autant. Voir l’étrange nouvelle de Rudyard Kipling, la Bête.
Cette peste asiatique pullula dans Rome au point que les empereurs faisaient un crime capital à ceux qui donnaient des consultations et à ceux qui les consultaient[188]. Ils n’en usaient pas moins eux-mêmes de leurs louches offices.
[188] Annales, XII, LIX.
Élymas, instruit des prodiges qu’attestaient Paul et Barnabé, eut sans doute la curiosité de les entendre. Il espérait les circonvenir, capter leurs secrets, opérer des merveilles où son art se dépasserait. En même temps il voulait s’enquérir de leur doctrine. Peut-être, comme Simon le magicien, concevait-il sur les relations de l’univers avec Dieu un vague système gnostique, amalgame de Pythagore et de Platon, aboutissant à des folies sensualistes.