Il advint que les sieurs Titubard et Polanson, artistes dépourvus de commandes, et quelquefois même de pitance, errant sur les bords de la Seine, remarquèrent l'abandon du bateau de plaisance. Informations prises, ils surent qui en était le propriétaire. Ils l'avaient connu au temps de la «mélasse», où ils avaient d'ailleurs barboté ensemble, et comme ils chassaient à «l'idée» de fortune, ils en attrapèrent, au vol, une qui leur parut tomber du ciel. Le lendemain matin, ils sonnaient à la porte du millionnaire, qui les reçut à bras ouverts.

—Nous ne venons pas l'emprunter d'argent, dit Titubard; d'abord parce que nous sommes trop fiers….

—Pour te le rendre, interrompit Polanson.

—Il s'agit d'une affaire….

—D'or!…

—Qu'est-ce que tu fais du Coromandel?

—Rien, leur répondit-il; il ne marche pas, il est mal fait, manqué; il ne vaut que son bois de flottage. Je cherche à le vendre.

—Combien?

—Je ne sais pas, moi. Ce qu'on voudra. Auriez-vous acquéreur?

—Si c'est plus de cent sous, non, fit le facétieux Polanson. Mais il y a locataire.