De tout ce qui précède, nous tirons les conclusions suivantes:
1° D… est atteint de lypémanie avec prédominance de délire de persécution, craintes d'empoisonnement, frayeur de mort violente, illusions et hallucinations.
2° D… a donné, il y a déjà bien des années, des signes de dérangement de l'esprit, mais c'est seulement dans le courant de 1876 que les conceptions délirantes se sont montrées clairement dans son langage et dans ses actes.
3° Dès les premiers mois de 1877, D… n'a presque plus cessé d'avoir la raison troublée, et sous l'influence des excès d'absinthe auxquels il se livrait, les crises d'agitation sont devenues de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes; des hallucinations de la vue se sont produites, et une véritable folie alcoolique est venue se greffer sur la lypémanie qui existait déjà depuis longtemps.
4° Le 23 novembre dernier, D… était sous l'empire d'une surexcitation maniaque et de conceptions délirantes, d'illusions des sens et d'hallucinations, qui le privaient de la conscience, et, par conséquent, de la responsabilité de ses actes.
5° D… est un aliéné des plus dangereux, qu'il est urgent de placer dans un asile spécial, où il devra être l'objet de la surveillance la plus rigoureuse.
En foi de quoi, nous avons rédigé le présent rapport pour valoir ce que de droit.
Paris, le 16 janvier 1878.
A. MOTET, É. BLANCHE.
Dans ce fait, comme dans les précédents, on observe des crises d'intensité différente et en rapport avec des variations dans les conditions cérébrales, et en plus, l'intoxication alcoolique comme cause déterminante de la crise au cours de laquelle a lieu le meurtre. D… est un bon ouvrier, un travailleur plein d'énergie, d'un caractère sombre, peu communicatif, très-économe, et qui n'admet pas que son travail puisse être sans récompense. Malgré toute son activité, loin de prospérer dans ses affaires, il végète, et quand il avait le droit d'espérer le succès, il ne rencontre que les revers.