—Aviez-vous de la peine à le nourrir?
—Non, ce n'était pas une charge. Ça m'est venu de le tuer. Je savais bien que c'était mal, mais je me suis dit: «On va me tuer après». J'avais déjà pensé à me tuer depuis cet hiver, mais pas mon enfant. Je me sentais malheureuse, sans motif de l'être.
—Vous n'avez jamais été maltraitée par votre mari?
—Oh non, au contraire.
—L'enfant n'était pas méchant?
—Oh non.
—D'où venait votre tristesse?
—J'ai eu un mal au pied. Je ne suis pas sortie de l'hiver; j'étais toujours triste, mon mari me disait de sortir, je ne voulais pas. Avant l'hiver je n'étais pas comme cela.
—Y a-t-il eu d'autres époques dans votre vie où vous avez été
triste?
—Oui, j'ai été une fois très-triste, à la mort de mon premier
enfant.