Je n'ai que le temps de vous dire que je pars à l'instant pour la Normandie, et que je serai chez vous en huit ou dix jours à compter de la date de cette lettre. Je vous écrirai sur les chemins. Mille bonjours. N'oubliez pas F… (Fouché).

Paris, le 13 août 1804.

À Madame de Custine, au château de Fervaques, par Lisieux,
Calvados.

Deux jours après, il écrit de Mantes cet autre billet, et pour la première fois il introduit Chênedollé auprès de Madame de Custine.

Mantes, 15 août.

Me voilà à Mantes, c'est-à-dire à quinze lieues plus près de vous. Je serai à Fervaques lundi prochain. Trouvez-vous mauvais que j'y aie donné rendez-vous à un de nos voisins, mon ami intime, M. de Chênedollé, avec qui j'ai affaire? C'est un homme d'esprit, poète, etc. Vous voyez que voilà un horrible démenti à vos prophéties. Ah! mon Dieu, quand voudrez-vous me croire et quand aurez-vous le sens commun! J'aime à vous aimer; c'est Madame de Sévigné qui dit cela.

À Madame de Custine, au château de Fervaques, par Lisieux,
Calvados.

Comme on le voit, avant l'arrivée de Chateaubriand à Fervaques, la paix était déjà faite.

Cette lettre démontre péremptoirement qu'avant cette date du 15 août, dans les recommandations à Fouché, il ne s'agissait pas de Chênedollé dont, jusque-là, Madame de Custine ne connaissait pas même le nom.

Le même jour, Chateaubriand écrit à Chênedollé pour lui donner rendez-vous au château de Fervaques[19]: