Mille choses tendres à vous et aux amis.
2 décembre 1823.
Il ne paraît pas que Chateaubriand ait fait, dans le courant du mois de décembre, une visite à Fervaques, comme il l'avait annoncé. Il était alors très préoccupé de la candidature d'Astolphe à la Pairie, et pendant un moment, il crut même qu'il allait réussir; mais le succès espéré n'arriva pas. Dans la lettre suivante, il rend compte à Madame de Custine de l'ajournement de ses espérances.
Mercredi, 24 décembre 1823.
J'avais de grandes espérances. Elles ont été trompées pour le moment. Le Roi n'a voulu nommer, je crois, que des députés, des militaires et des hommes de sa maison et de celles des Princes. Mais j'ai la promesse pour Astolphe pour une autre circonstance qui n'est pas très éloignée. Ne croyez pas que je vous oublie et que vous n'êtes dans ma vie au nombre de mes plus doux et de mes plus impérissables souvenirs.
Mille tendresses à tous.
Ch.
Cette lettre du 24 décembre 1823 est la dernière dans laquelle il soit question de la candidature d'Astolphe. C'est aussi la dernière de toute sa correspondance avec Chateaubriand que Madame de Custine ait conservé.
* * * * *
On voit quelle était à cette date la situation d'Astolphe: il occupait à la cour et dans le monde le rang le plus honorable; son esprit, la distinction de ses manières lui assuraient partout le plus favorable accueil; la bienveillance du Roi et des Princes lui était acquise; il était à la veille d'être Pair de France, suivant la promesse que Chateaubriand en avait reçue; tout semblait lui sourire; un des mariages préparés par les soins de sa mère allait sans doute effacer les deuils de sa famille et lui rendre les joies du foyer domestique.