«4o qu'à l'aide des connaissances qu'il peut obtenir par ses études, il se conformera plus aisément aux lois de la nature dans toutes ses actions; il pourra se soustraire à des maux de tout genre; enfin il en retirera les plus grands avantages»[22].
Avec Lamarck, nous sommes donc, bien manifestement, en présence d'un génie éminemment philosophique, et social, voué à l'étude positive et simultanée du monde, de l'homme et de la société, dont la pensée s'est rapidement élevée et familièrement maintenue sur les plus hauts sommets.
Pour toutes ces raisons, ce grand homme est digne de la plus profonde vénération des positivistes.
Je vais, du moins, m'efforcer de mettre cette affirmation hors de tout débat contradictoire, en effectuant une analyse plus spéciale des principales œuvres de Lamarck.
III
Appréciation des principaux travaux de Lamarck.
I
TRAVAUX COSMOLOGIQUES
L'activité studieuse, vraiment extraordinaire, de Lamarck, s'est exercée dans tous les domaines des sciences physiques et naturelles avec une grande fécondité, et, bien que sa gloire dérive surtout de ses découvertes biologiques, il n'en a pas moins émis, en cosmologie, quelques théories ingénieuses dont la conception suffirait à l'honneur d'un savant ordinaire; car, à cet égard même, il a souvent devancé son époque[23].
En minéralogie, par exemple, il a mis en lumière les caractères fondamentaux qui distinguent les corps organiques des corps vivants, et proposé de classer les premiers en séries, en prenant pour base initiale, soit l'ancienneté de leur origine, soit l'éloignement qui existe entre la structure de chacun d'eux et celle des êtres organisés.
En géologie, il soutenait, à juste titre, que la surface terrestre est dans un état permanent de transformation et que l'intelligence des phénomènes anciens est subordonnée à l'étude préalable des phénomènes actuels.