—Comment t’appelles-tu?

—Julien Jalabert, surnommé l’Hanneton, parce que je n’suis pas précisément fort comme un Turc.

—Eh bien, Julien Jalabert, surnommé l’Hanneton, fais-moi le plaisir d’aller voir chez ton patron si j’y suis; file ton nœud.

—En vous remerciant, tisanier.

—N’y a pas d’quoi.»

Depuis cette époque, Champignol avait souvent rencontré l’Hanneton, et il s’y était involontairement attaché. Il le trouvait à la porte du spectacle, dans les promenades publiques, sur les boulevards, le long des quais. L’hiver n’interrompait point leurs relations, car le Marchand de Coco allait débiter sa tisane dans les ateliers, les imprimeries, les teintureries, et visitait régulièrement la fabrique où travaillait Jalabert. Il y avait en toute saison, entre le Marchand de Coco et l’apprenti passementier, échange de bons procédés et de questions amicales.

«L’négoce va-t-il, monsieur Champignol? gagnez-vous d’la douille[14]?

[14] De l’argent.

—Mais oui, je boulotte; les chaleurs me font du bien; tout le monde a soif, notamment les bonnes, les enfants, et les pioupious. Si le vent tournait à la pluie, j’serais fumé. J’dépends du beau temps, comme les hirondelles.

—Vous devez être bien las, monsieur Champignol, à la fin de votre journée?