Pour un célibataire faible et cassé, une Femme de Ménage, quels que soient ses défauts, est moins dangereuse qu’une jeune gouvernante. Celle-ci le flatte, le séduit, le captive, et à force de cajoleries félines, acquiert un empire qui, sous la forme de legs, se perpétue au delà du tombeau. La Femme de Ménage, du moins, vole sans tyranniser.

Devons-nous envelopper toute la race dans une même prescription, ou admettre des exceptions en faveur de quelques personnes d’élite? Avec de la patience et un bon microscope, on découvrirait sans doute des Femmes de Ménage soigneuses, attentives et fidèles, qui pourraient porter sans usurpation le nom sous lequel on les désigne; mais elles sont rares, presque introuvables, et si l’on parvient à s’en procurer, nous demandons qu’elles soient empaillées... après leur mort, et conservées comme des curiosités dans le Cabinet d’Histoire naturelle.

Peut-être y aurait-il moyen de régénérer les Femmes de Ménage. Il suffirait de les enrégimenter, de les organiser en corporation, comme les Forts de la halle, d’exiger d’elles les conditions d’admission les plus sévères, de les tenir constamment sous la surveillance de la police; le public et elles-mêmes y gagneraient.

Le Balayeur.

XIX.
LE BALAYEUR.

Place, place au balayeur,

Qui va fair’son p’tit service,