4. Verre à vitres, etc., plaques de verre coulées pour toitures ou dallages. Taxe ordinaire: par 100 kilogrammes, 3 francs; l'Autriche-Hongrie, 1 fr. 50 c.

5. Verre creux, blanc. Taxe ordinaire: par 100 kilogrammes, 5 francs; l'Autriche-Hongrie, 2 fr. 50 c.

6. Fer brut, fonte en barre, en gueuse, fer malléable et acier en barre, massiaux, fer en loupe, vieille ferraille, débris de fer et acier. Taxe ordinaire: par 100 kilogrammes, 80 centimes; l'Autriche-Hongrie, 40 centimes.

7. Fer et acier en verges, carré, en rubans, méplat ou rond, fer et acier d'angle et de cornière de toute espèce, plaques de fer et d'acier. Taxe ordinaire: par 100 kilogrammes, 2 francs; l'Autriche-Hongrie, 1 franc. Les outils et instruments aratoires rentrent dans cette catégorie.

En échange, la Serbie a obtenu le traitement différentiel pour ses bœufs et taureaux (par tête, 4 florins), et ses porcs (par tête, fl. 1.50.

Un rapport récent du consul d'Autriche-Hongrie à Belgrade constate sans façon que la Serbie est entraînée dans l'orbite commerciale de sa puissante voisine. «La Serbie, dit M. de Wysocki, est, par sa situation, attribuée presque entièrement à l'Autriche-Hongrie, et elle le sera encore longtemps. Le long de sa frontière septentrionale, la Serbie a trois grands moyens de communication: le Danube, la Save et la Staatsbahn, qui lui imposent impérieusement l'Autriche-Hongrie comme débouché et comme source d'importations.» La vérité de cette affirmation se trouve confirmée par les chiffres du commerce extérieur de la Serbie, dont voici le résumé pour 1880: Importation, 59,096,263 francs; exportation, 31,685,553 francs; transit, 1,504,877 francs; total: 90,286,693 francs. Importation d'Autriche-Hongrie, 38,151,904 francs; exportation en Autriche-Hongrie, 24,376,208 francs; total: 62,528,112 francs. Reste donc pour tous les autres pays: 27,758,581 francs. En 1882, on a exporté 280,000 porcs estimés 13,990,000 francs; pour 14,246,270 francs de pruneaux secs; pour 8,101,770 francs de laine; 6,083,600 francs de froment; 2,584,660 francs de vin. Progression du commerce extérieur: 1842, 13 millions; 1852, 22 millions; 1862, 28 millions; 1868, 67 millions; 1880, 90 millions.

Je me suis permis de dire aussi au ministre des finances qu'un autre danger me semblait menacer la Serbie, celui de la dette publique, grossissant partout et toujours, grevant toutes les familles, ruinant surtout les campagnes et faisant plus de mal que les trois fléaux dont la litanie demande que le Seigneur nous délivre: la peste, la guerre et la famine. Point d'agent de paupérisation plus malfaisant. Les désastres de la guerre se réparent vite, on l'a bien vu en France après 1870; mais la dette arrache le pain de la bouche de ceux qui le produisent: voyez l'Italie, la Russie et l'Egypte. Elle est surtout une cause de souffrances dans les contrées éloignées des marchés de l'Occident, où les denrées sont à vil prix et l'argent rare. Dans une province écartée, au centre de la péninsule des Balkans, une famille vit à l'aise; mais forcez-la de verser 20 ou 30 francs en or aux banquiers de Vienne ou de Paris, pour sa part dans l'intérêt de la dette, que de produits elle devra vendre et soustraire à la satisfaction de ses besoins, dans une région où les routes manquent pour l'exportation et où il n'y a pas d'acheteurs sur place, parce que chacun produit à suffisance tout ce qu'il lui faut! La facilité d'emprunter est un entraînement irrésistible pour ceux qui gouvernent. Ils ont immédiatement en mains des moyens d'action énormes; l'avenir pourvoira aux intérêts et au remboursement! Les banquiers sont toujours prêts à avancer l'argent. Ils touchent la prime et rejettent le risque sur les souscripteurs. Le déficit se creuse; on emprunte encore pour le combler; les populations sont accablées de charges croissantes, jusqu'à ce que vienne la faillite. C'est l'histoire habituelle des emprunts orientaux. Pour les pays primitifs, le crédit est une peste.

La dette de la Serbie ne s'élève encore qu'à 130 millions, dont 100 ont été consacrés à faire le chemin de fer Belgrade-Nisch et à remplacer les millions emportés par la faillite Bontoux. Mais les emprunts n'ont commencé à se succéder qu'à partir de 1875, et déjà ils prennent plus de 7 millions par an sur un revenu de 34. On entre dans cette voie funeste qui a mené la Turquie à sa perte. Pour obtenir 5 millions destinés à compléter l'achat de 100,000 nouveaux fusils Mauser, on a cédé à l'Anglo-Austrian Bank le monopole du sel pour quinze ans, et récemment on a engagé d'autres impôts, se mettant ainsi à la merci des financiers étrangers. Rien de plus funeste pour un État; il aliène de la sorte son indépendance. Je sais parfaitement que jusqu'à présent la Serbie peut très facilement payer l'intérêt de sa dette, d'autant plus que le nouveau chemin de fer, surtout quand il sera relié à Salonique, d'un côté, et à Constantinople, de l'autre, favorisera notablement le développement de la richesse; mais, néanmoins, je ne puis cacher mon impression aux ministres serbes qui m'ont fait un si bienveillant accueil. Armements coûteux, emprunts répétés, mise en gage des sources du revenu, ce sont là des symptômes inquiétants auxquels il faut veiller. Principiis obsta est une admirable devise, trop peu comprise.

—Je reçois l'accueil le plus amical chez le secrétaire de notre légation, le comte du Bois. Il est grand chasseur et rapporte merveille des belles traques que l'on peut faire dans les montagnes du pays, qui sont sauvages et inhabitées.

—En voyage, je tâche toujours, quand j'en ai le temps, de visiter les bureaux des principaux journaux; c'est encore le meilleur centre d'informations. On y trouve des gens d'esprit capables d'exposer la situation d'une façon plus «objective», plus impartiale que les «politiciens». Je rencontre plusieurs fois M. Komartchitch, rédacteur en chef du journal progressiste et gouvernemental le Vidélo. Il y a, me dit-il, trois partis en Serbie: les conservateurs, les progressistes et les radicaux.