— Mais — insiste M. l’avocat général — les correspondants de la Révolte étaient anarchistes !
Naturellement, Monsieur l’Avocat général, puisqu’anarchiste était le journal ! Un journal anarchiste a pour correspondants des anarchistes, comme un journal du boulevard a des boulevardiers, comme un journal de cocottes a des cocottes !…
Quant aux convocations de groupes, la Révolte faisait ce que fait l’Intransigeant, ce que font toutes les feuilles populaires — ni plus ni moins.
Ainsi que l’observait Jean Grave : « La Révolte ne convoquait pas les groupes. Ils se convoquaient eux-mêmes, puisque la Révolte se bornait à rendre publiques les convocations. »
Je passe aux souscriptions — qui, d’après M. l’avocat général, auraient alimenté la caisse du parti anarchiste.
Ah ! Messieurs les Jurés, elles avaient bien de la peine à suffire aux dépenses du journal !
La Révolte était pauvre, très pauvre. Plus d’une fois, le numéro ne put paraître, faute de fonds pour l’imprimer. Les abonnements étaient rares ; les souscriptions, tant bien que mal, corrigeaient leur insuffisance.
Ici, je ne vous apporte plus des extraits ! je vous apporte tous les avis, toutes les notes, tous les articles concernant les souscriptions. Vous y verrez que ces souscriptions, enregistrées sous la rubrique : Propagande générale, n’ont jamais eu d’autre but que de faire marcher le journal, qui les absorbait entièrement.
En voici, d’ailleurs, la preuve matérielle, d’après une pièce comptable.
Je la trouve dans le numéro du 6 juillet 1888. Je lis :