Vraiment, messieurs, il faut un procès d’anarchistes, où l’on peut tout oser, pour se permettre de dire que les correspondants d’un journal sont des affiliés au sens de la loi pénale !
Voici un journal mondain. A la même rubrique « Petites correspondances », j’y relève ce qui suit :
Gabrielle X… à Paul Y… Mari part demain ; sois 3 h., avenue Acacias, bois.
M. l’avocat général soutiendra-il que, d’après le texte nouveau, il y a entente entre le journal dont je parle, Gabrielle, Paul et le mari ? (Hilarité).
Voici un autre journal, un journal boulevardier qui, entre temps, y va de son petit mot pour protéger la morale et la famille contre l’anarchie. J’y relève ce qui suit :
Jolie brune, 20 ans, professeur natation, Leçons tous les jours de midi à cinq heures piscine particulière.
Masseuse, premier ordre, services garantis.
Jeune Anglaise, à Paris, désirerait apprendre anglais à Monsieur riche et vieux.
Suivent les adresses que j’estime inutile de révéler à des pères de famille, quelle que soit la confiance qu’ils m’inspirent. (Rires).
Eh bien ! M. l’avocat général pense-t-il qu’il existe une entente, au point de vue pénal, entre le journal, la masseuse, l’Anglaise et le vieux Monsieur ?… (Hilarité générale).