Elle a, d’ailleurs, usé de son crédit pour rendre bien d’autres services.

Dans mon dossier, les témoignages de gratitude, les lettres de remerciement abondent.

Une mère de famille lui rend grâce d’avoir obtenu ce qu’aucun général ni le ministre de la guerre lui-même n’avaient pu accorder à son fils, simple zouave, en le faisant nommer secrétaire d’un officier.

Une autre la bénit pour avoir sauvé un jeune homme d’une poursuite criminelle.

— Vous seule pouvez tout en haut lieu, lui écrit-elle, je le savais !…

Si les relations de Mme Ratazzi avec le général d’Andlau sont maintenant établies, celles de M. Wilson avec l’un et l’autre étaient, depuis longtemps, de notoriété publique.

M. Wilson avait flairé dans ma cliente une femme habile à se pousser dans le monde et à lui servir d’éclaireur, en attendant qu’elle lui servît de plastron judiciaire.

C’est lui qui, graduellement, savamment, l’a corrompue pour son usage politico-financier.

C’est lui, ce sont les intrigants de marque dont elle était l’agente, qui disaient à la malheureuse, lors de l’affaire Michelin :

— Les députés, les sénateurs, les conseillers municipaux, tout cela s’achète !…