Ce sont eux qui la raillaient, après sa première condamnation :
— Vous avez écrit à M. Michelin pour cette affaire du boulevard Haussmann, au lieu d’aller le trouver, lui goguenardaient-ils à l’oreille : imbécile !…
Et ce sont les mêmes qui, sachant bien qu’en offrant le fameux pot-de-vin elle n’avait pas agi pour son propre compte, ont, alors, par une pudeur dont je leur sais gré, paralysé l’action de la justice et empêché, pendant deux ans, qu’elle ne subît la peine de trois mois de prison à laquelle elle avait été condamnée en sa qualité de plastron.
Eh bien ! messieurs, ces hommes, où sont-ils ? Que font-ils ?
Ce qu’ils sont ?
Ils sont libres !
Ce qu’ils font ?
A l’heure où je parle, encore abrités par une lâche complaisance ou de légitimes terreurs, ils exploitent la faiblesse, la fatigue nationale ; insensiblement ils arrachent une ordonnance de non-lieu à la lassitude publique, à l’affaissement général !… (Vive émotion).
Et Mme Ratazzi — la comparse — ferait treize mois de prison ?
Je n’ajoute pas un mot ; la voix des choses a trop parlé !… (Émotion générale).