Philocléon descend donc par la corde; mais, lorsqu'il est à mi-chemin, voilà que Bdélycléon se réveille et appelle les deux esclaves, qui, par les fenêtres du rez-de-chaussée, piquent avec leurs broches ce vieillard cerf-volant, pour le forcer de remonter.

Les Guêpes, selon leur promesse, s'élancent au secours de Philocléon: avec un bourdonnement terrible, elles dardent leurs aiguillons, fondent sur Bdélycléon et sur les deux esclaves, leur piquent le visage, les yeux, les doigts, le derrière, tout. Eux résistent, avec des bâtons d'abord, et puis avec des torches, pour enfumer les Guêpes.

LE CHŒUR DES GUÊPES.

Non, jamais nous ne céderons tant que nous aurons un souffle de vie! (À Bdélycléon:) Tu aspires à la tyrannie!

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C'était l'accusation ordinaire et banale, et comme un refrain monotone dans cette jalouse démocratie.

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BDÉLYCLÉON.

Tout est pour vous tyrannie et complots, quelle que soit l'affaire en cause, petite ou grande. La tyrannie! Je n'en ai pas entendu parler une fois en cinquante ans, et elle est maintenant plus commune que le poisson salé; son nom a cours sur le marché. Achète-t-on des rougets et ne veut-on pas de sardines, le marchand de sardines, qui est à côté, dit aussitôt: «Voilà un homme dont la cuisine sent la tyrannie!» Qu'un autre demande par-dessus le marché un peu de ciboule pour assaisonner des anchois, la marchande de légumes le regardant de côté lui dit: «Hum! tu demandes de la ciboule! Est-ce que tu aspires à la tyrannie? Ou bien t'imagines-tu qu'Athènes te doive en tribut tes assaisonnements?»

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